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makarotte.com

Ecole, rire et râleries.

Kénénéàfout

Publié le 18 Février 2014 par KRo

Aujourd'hui les parents du gamin qui avait été menacé par le dingue qui avait secoué le grillage de la cour, sont venus se plaindre. 1 mois après, ils sont venus me dire qu'ils trouvaient que je n'avais pas bien géré l'affaire parce que le gars s'était pointé vers les 15h et qu'ils avaient été mis au courant vers les 17h.

Quoi? Mais qu'est-ce que ça aurait changé en mieux si je les avais appelés avant les gendarmes ou avant de m'assurer que le gars n'avait pas l'intention de s'en prendre physiquement au gosse?

En fait, ils ne sont pas contents parce que le lendemain après-midi de ce fameux jour, ils se sont rendus à la gendarmerie et ils n'ont pas été très bien reçus, le gendarme s'est apparemment étonné qu'ils ne soient pas venus plus tôt.

Et? En quoi cela me concerne-t-il? Et pourquoi ils n'y sont pas allés plus tôt justement s'ils étaient si angoissés par le fait que j'ai mal géré la situation et que leur gosse était en danger?

"En plus le gendarme qu'on a vu nous a dit que la veille ils avaient reçu un appel de on sait pas qui et qu'ensuite sa patrouille était venue se garer devant la boulangerie et que personne n'était venu à leur rencontre?"

Et qu'est-ce que j'en ai à foutre exactement? Le gars qu'ils ont vu ce n'est pas celui à qui j'ai parlé et donné mon nom, ma fonction, l'adresse de l'école et les noms et adresses du dingue qui venait de secouer mon grillage. Donc si le mec qui a envoyé une patrouille n'a pas tout relayé, si les gendarmes de cette fameuse patrouille n'ont pas entendu, retenu ou gravé mon nom au canif sur le tableau de bord de leur kangoo qu'est-ce que j'en ai à foutre? Si les mecs vont se coller dans une rue derrière, perpendiculaire à celle de l'école, parce qu'ils avaient une envie irrésistible de se garer devant une boulangerie, qu'est-ce que j'y peux, je ne m'occupe pas encore de gérer les patrouilles de la gendarmerie nationale, ils ont qu'à aller se plaindre à la gendarmerie ces parents là, c'est quoi leur problème?

C'est pas énorme ça?

Après, tant qu'ils étaient là, ils en ont profité pour dire des saloperies sur la maîtresse de l'année précédente, que PERSONNE n'aimait d'après eux, puis comme je leur ai fait comprendre que fallait quand même pas pousser mémé dans les orties, ils ont embrayé sur la voisine de classe du gamin qui l'embête mais que la maîtresse maintient à côté de lui quand même. En gros leur gamin est chiant, on s'en accommode malgré tout mais visiblement pas assez à leur goût. La prochaine fois, j'ouvre le portail et je le pousse dehors: " Allez petit va jouer sur le rond-point"... Et puis je cours appeler les parents pour les informer du danger, on verra bien si ma gestion de la crise leur convient davantage! Après tout, on a aucune formation pour gérer ce genre de situations, alors si j'improvise de travers, ils pourront toujours aller se plaindre auprès de la boulangère cette fois.

Enfin... grâce à eux maintenant que je sais que c'est à moi de gérer les opérations de gendarmerie et les urgences psychiatriques concernant tout ce qui peut se passer dans le quartier. Faut que je me renseigne pour savoir si ce n'est pas à moi de gérer la voirie aussi et l'éclairage de la rue, au cas où un lampadaire viendrait à claquer ou un égout à déborder.

Je ne m'attendais pas spécialement à ce qu'ils me remercient mais bon de là à ce qu'ils viennent râler, je trouve qu'ils sont un peu gonflés.

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L'enfer du devoir

Publié le 7 Février 2014 par KRo

Avant la réforme, on nous imposait des formations chiantes lors des quelques mercredis où nous n'avions pas classe, mais ça c'était avant. Désormais,on est obligé d'endurer ces formations les mercredis après-midi ou bien le soir, tard, aaarrrrrrrgggghhhh.

Avant c'était déjà une tannée mais là franchement, quel enfer! Mais pourquoi? Pourquoi est-ce qu'on nous inflige ça, qu'est-ce qu'on a fait au bon ... ministre, hein?

Invariablement, un chercheur, un inspecteur, un enseignant de fac (essentiellement des mecs, parfois des nanas), vient nous livrer sa bonne parole. Mais bien entendu, point de chorale gospel pour mettre l'ambiance, pas d'adoration du profil de Jules Ferry apparu sur une tranche de pain de mie grillée, ni personne ne rentrant en transe en bavant histoire qu'on rigole un peu. En général, c'est plutôt micro pourri et powerpoint illisible. L'intervenant se colle sur un coin de l'estrade ou de la scène et tente de nous emmerder plus qu'il ne s'emmerde lui-même pendant 2 ou 3 heures.

Enfin ça, je dois dire quand même que c'est fort, parce qu'il a l'air de se faire chier à 500 balles de l'heure le gars, genre il avait pas fait toutes ses heures alors son chef lui a dit :
- Ben toi, t'es bon pour aller faire un tour chez les PE!
- Oh non pitié patron pas les PE, j'sais même pas c'est quoi qu'ils font, envoyez plutôt mon thésard!
- Non Michel, tu te farcis les PE et puis c'est tout, t'as qu'à passer un vieux film du CRDP ou un powerpoint moisi et utiliser tout plein de mots un peu savants pour montrer que tu évolues dans une sphère supérieure à la fois mystérieuse et attirante, ça émoustillera les vieilles, impressionnera les jeunes et flattera les mecs qui croiront être les seuls à en comprendre le sens.
Evite "onanisme" cependant, ça claque comme mot mais bon ça risquerait de les mettre un peu trop sur la piste de la raison de ta présence.
- OK Gérard, j'y vais mais j'en ai rien à foutre, je f'rai exprès de faire des schémas avec des flèches dans tous les sens et je mettrai tout le texte de mon powerpoint en Times 8 et en jaune!
- Bon ben ça leur fera les pieds à ces cons, j'peux pas les blairer de toutes façons ces espèces de sous-payés pas foutus de mettre en application nos super théories qu'on s'est fait chier à tester pendant au moins 23 minutes sur une classe entière de 7 étudiants en sciences de l'éduc.

Ou alors ...
Ou alors on nous inflige un mec qui a publié un nouvel exemplaire de son manuel de maths, de français ou autre et que ses éditeurs ont envoyé au charbon. Evidemment, c'est pas avec un bouquin de maths pour les CE2 que tu vas faire le Grand Journal à côté de Monica Belluci, c'est clair, donc hop, on t'envoie faire un peu de retape auprès de ton cœur de cible et au passage t'en profites pour dire que toutes les autres façons de faire c'est de la merde.

Toujours est-il que nous, quoi qu'il arrive, on est là, dans la salle, mal assis, à tenter, au mieux, de s'auto-hypnotiser, au pire, de s'ouvrir les veines à l'aide de notre stylo rouge pilot pointe fine 0,5 mm... siiiiiiiiii c'est possible, en 3 heures c'est possible, c'est un peu comme creuser un tunnel à la petite cuillère pour s'échapper d'un stalag mais c'est possible, ça a déjà été fait!

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Théorie du genre

Publié le 28 Janvier 2014 par KRo

J'avais lu un article ce matin ou bien hier indiquant que des gens bien intentionnés avaient envoyé des mails ou des sms à des parents pour leur indiquer qu'ils ne devaient pas mettre leur enfant à l'école certains jours bien déterminés parce qu'on allait parler de la théorie du genre et en gros pousser leur enfant à devenir homosexuel. Bon, j'ai lu l'entête de l'article vite fait pour me tenir au courant et puis je suis passée à autre chose mais en fait ce soir une maman est venue me dire qu'elle avait reçu un sms à ce propos et qu'elle était inquiète parce que elle, elle était contre.

Euh j'ai pas voulu chercher contre quoi elle était exactement, le genre? les homos? les genres d'homos? les sms? les théories?

Je me suis juste dit que c'était dingue que cela arrive jusqu'à MON portail et aussi je me suis demandé comment ces gens aussi bas de plafond et aussi peu informés sur ce qui se fait à l'école avaient récupéré le numéro de téléphone de cette maman et combien d'autres numéros ils avaient pu récupérer.

Alors la maman je lui ai dit simplement qu'à l'école on suivait le programme, que celui-ci était sur internet et que si elle voulait plus d'explications, on pouvait en parler puisqu'on avait déjà décidé de prendre rendez-vous pour parler du boulot de sa fille. Je lui ai dit aussi de ne pas s'en faire que c'était un message politique et que nous la politique, elle n'entrait pas comme cela à l'école.

C'est tout de même drôle de se dire que y'a des gens qui vont croire que telle journée on va tous se mettre à parler de genre, de sexe et d'homosexualité. Et la liberté pédagogique alors, on se la met GENRE en suppo?

Moi je m'en fous, je parle homosexualité en même temps que d'homophones et je leur apprends homogène et hétérogène et hétérosexuel en même temps. Ils font tous beueueueueueueeurtk dès que je prononce le mot sexe et moi je fais l'air de rien, GENRE "Ben quoi tout le monde à un sexe, occupons-nous plutôt de ce préfixe".

Ensuite, en ce qui concerne le GENRE, moi j'essaye surtout d'éviter qu'un certain GENRE de conneries stéréotypées ne viennent trop empoisonner les têtes de petits gamins et je profite notamment du programme d'histoire et d'éducation civique pour leur faire prendre conscience du fait que même si on a fait du chemin, la pente reste raide et que les hommes sont hélas encore souvent dans notre société, un peu plus égaux que les femmes, comme dirait l'autre. Heureusement, les enfants sont souvent moins enkystés que les adultes et se rendent tout seuls compte que "Ouh maîtresse mais c'est pas juste!" et que c'est drôlement bien que la société ait évolué de ce point de vue et aucun ne se sent ni plus ni moins fille ou garçon qu'avant. Ils ont le même GENRE de réaction quand je leur explique le travail des enfants et la vie des ouvriers au 19ème. Ça ne les empêche pas de trouver que l'école c'est nul et c'est drôlement mieux les vacances, qui les en blâmerait?

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Donnez-moi une fenêtre, je saute!

Publié le 21 Janvier 2014 par KRo

8h39, je reçois la maman d'une élève de CM2 qui s'est fait tripoter hier midi pendant le temps d'interclasse géré par les animateurs municipaux, par un gamin de CP handicapé en intégration chez nous : j'explique la situation, le handicap, je m'excuse à la place du gosse, je dis que je vais le voir dans la journée pour faire le point.

9h, première équipe éducative, la gosse lit à peine alors qu'elle est en CE1, elle a de réels problèmes de compréhension, on propose une orientation en CLIS, palabres et négociations, la maman s'en fout, elle ne veut pas scolariser sa gamine dans une autre école parce que c'est pas pratique, même si on l'aide à faire les papiers pour obtenir qu'un taxi vienne la chercher et la ramener, même si sa gosse est à la ramaMASSE et que d'ici quelques temps elle va finir par s'en rendre compte et en souffrir.

10h, deuxième équipe éducative, petite de CP en grosses difficultés, évidemment jusqu'à cet été elle vivait chez sa mère qui l'envoyait tellement peu à l'école que la petite était étonnée en début d'année qu'il y ait école du lundi au vendredi. Elle a même été près de 5 mois en vacances d'été, forcément ça n'aide pas, bonjour misère.

11h, équipe de suivi, les personnels de l'ITEP où le gamin se rend 3 demi-journées par semaine sont dépassés, pour eux il ne relève pas de leur structure, on s'oriente vers de la psychiatrie, mais en attendant d'avoir les bilans, les autorisations et tout le bordel ben on se le garde un max de temps dans l'école. La mère, elle s'en contrefout tellement qu'elle est la moins intéressée par la conversation des 7 personnes présentes. Elle souhaite simplement que son fils soit pris en charge toute la journée par d'autres gens, et si on peut le coller en internat se sera encore mieux, il a 8 ans.

12h30 Pause, aahahahahahah " Misère, misère -E, c'est toujours sur les pauvres gens que tu t'acharnes obstinément!"

14h, je reçois une maman pour lui expliquer que son fils manque trop l'école, elle m'explique qu'il fait la loi à la maison et que le matin quand il fait un caprice pour ne pas venir, elle lâche l'affaire au bout de 10 min. Je joue mon rôle d'éducatrice, je lui explique gentillement que ce n'est pas lui rendre service, il est en CE2 et ne sait toujours pas écrire son prénom de 4 lettres.

14h20, je m'entretiens avec un CM1 qui insulte les autres élèves de la classe en se cachant derrière un pseudo lorsqu'ils jouent en ligne le soir sur un jeu que je ne connais même pas.

14h35, je m'entretiens avec le tripoteur de la veille : et pourquoi, et c'est pas bien, et tu te rends compte, et tu vas aller t'excuser.

14h50, je m'occupe à présent de remonter les bretelles à deux gosses qui ont forcé un troisième à leur ramener des bonbons.

15h02, les gamins sont en récré, un type d'environ 30/35 ans se pointe au grillage en vociférant, il hurle comme un possédé qu'il va défoncer un gamin de 8/9 ans, il marche de long en large le long du grillage, le secoue, hurle, impossible de lui parler, les gamins ont peur, on commence à les faire rentrer, le gars hurle, il part, les gamins sont choqués, certains racontent qu'il a dit qu'il allait revenir avec une carabine, qu'il attendrait le gosse à la sortie ...

15h10, je tente d'éclaircir les racines du problème, il n'y en a pas vraiment, un petit différend entre gosses réglé une semaine plus tôt en classe.

15h17, un voisin vient témoigner de ce qu'il a pu voir quelques minutes plus tôt.

15h24, je croise une classe avec au moins un gosse en pleurs, stresssssss...

15h25, j'appelle la police municipale, personne.

15h26, donnez-moi une fenêtre, je saute!

15h27, je vais chercher le gamin tripoteur pour qu'il fasse ses excuses à sa victime. J'entre dans la classe en plein débrief sur ce qui vient de se passer, c'est stressssssssss et délirium.

15h33, j'appelle les gendarmes, je leur demande d'être là à la sortie.

15h37, je prends le temps d'écrire un courrier à une maman qui a pensé que ce n'était pas utile de venir la veille à l'équipe éducative qui devait statuer sur l'orientation en SEGPA de sa fille.

15h45, je suis interrompue par Dylan qui s'échoue dans mon bureau parce qu'il a cassé les burnes à sa maîtresse toute la journée et que là trop, c'est trop, je lui fais la morale, lui explique qu'il m'emmerde vraiment mais ce en utilisant de jolis mots bien choisis, je lui dis d'aller s'asseoir un peu dans le couloir devant ma porte pour méditer sur sa connerie chronique.

16h20, je reçois la famille du type qui précédemment vient de me traumatiser 300 élèves en 5 minutes, sa mère, la grand-mère d'une élève donc, m'explique combien il est gentil et combien il a pété les plombs. J'explique à quel point c'est inadmissible et traumatisant pour tous les gosses.

16h40, je rappelle les gendarmes avec nom et adresse, ils vont passer lui mettre les points sur les i.

17h00, le papa du gosse menacé m'appelle, la maman a été contactée plus tôt par la maîtresse, je donne des explications sur la situation.

17h15, j'appelle l'inspection, je les mets au courant.

17h20, j'ai un peu de temps pour bosser sur des trucs qui relèvent de mon boulot et pas de celui d'assistance sociale, gardien de la paix, psy ou je ne sais quoi.

17h45, j'en ai ma claque, je me barre, le téléphone sonne, je décide de ne pas répondre, j'entends le message d'une maman qui trouve inadmissible qu'il se soit passé un incident important à l'école et qu'elle n'ait pas été mise au courant alors elle veut que je la rappelle, dès que j'aurai son message. Mais oui bien sûr, et puis les 200 autres parents aussi, je vais tous les appeler un par un pour leur foutre les boules parce que j'ai un call center qui travaille pour moi 24h/24.
Je me casse en pensant que ce message est sans doute le premier d'une longue série ...

Quel bonheur! Vivement demain! j'ai hâte de faire le service après-vente de cette journée!

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