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makarotte.com

Ecole, rire et râleries.

Je suis endiarrhée

Publié le 12 Février 2015 par KRo

On demande aux parents de nous prévenir quand leurs enfants sont absents, l'idée c'est que le jour où un gamin est absent, les personnes qui en sont responsables aient une idée de là où il se trouve. C'est à dire que si le gosse s'est endormi au fond du bus qui est garé dans le hangar du transporteur pour la journée entière ou s'il s'est fait renverser par une vieille sur le chemin de l'école, il est de bon aloi que quelqu'un s'en inquiète avant la fin de la journée.
On demande donc aux parents de nous prévenir d'une façon ou d'une autre, ensuite, viendra le temps de justifier l'absence par un petit mot, une petite ligne dans le cahier de liaison indiquant que le gosse était malade nous suffisant amplement. Dans mon école, nous avons même préparé des petits billets d'absence pré-remplis, c'est dire que ce qui nous intéresse c'est juste la date, un mot ou une phrase pour le motif et la signature. Le reste on s'en fout.

Mais si certains parents sont très au clair là-dessus et n'abusent pas, d'autres sont plus fouillis dans leur tête et ont même quelques tendances paranoïaques. C'est ainsi que régulièrement, sur le répondeur de l'école que j'écoute avec attention tous les matins, j'ai droit au descriptif de tout ce que Matthieu a vomi pendant la nuit ou au détail avec les morceaux de ce qui a pu sortir des orifices de Laura. Un vrai délice à 8h30!
Je pense sincèrement que certains ont l'impression d'être plus crédibles s'ils m'ont bien donné tout plein de détails, ça les rassure sur le fait que leur gamin est absent au moins un jour par semaine mais que ce n'est pas leur faute, c'est la faute à la dysenterie ou au scorbut, ou aux deux mon capitaine.

Et récemment, un message sur le répondeur indiquait que l'enfant était "en diarrhée" ou "endiarrhé", alors avec des collègues on a eu un grand débat sur le sens de ce message (oui nous aimons les grands débats philosophico-littéraires) :

  1. l'enfant était-il en diarrhée comme on est en communication? "Ah oui, non, non, je vais devoir vous prier de bien vouloir rappeler, oui parce que M. Dupin ne peut vous répondre actuellement, il est en diarrhée et à ce que j'en perçois, je dirais qu'il en a pour un moment. Ouiiiii, merci d'essayer de le rappeler ultérieurement!"
  2. ou bien l'enfant était-il comme enrhumé? mais là tout à l'intérieur et entouré de sa diarrhée? Punaise si c'est ça, c'est tout de même drôlement visuel comme adjectif. Si je suis endiarrhée, ça veut dire que tel un nourrisson, la merde visqueuse et collante m'est remontée jusqu'en haut du dos, y'en a partout, le seul truc qui me sauvera après avoir utilisé des tonnes de coton ou de lingettes et avoir jeté la poubelle loin très loin, ce sera une bonne douche et encore pendant les jours qui suivront j'associerai l'odeur du Mustela à l'odeur de l'horrible bombe humaine que "tu la tiens dans la main", "c'est toi elle t'appartient"!
    Bref, quand tu dis que t'es endiarrhé c'est pas rien hein, c'est bien pire qu'emmerdé, y'a une vraie notion de détresse supplémentaire qui s'en dégage, ou serait-ce ...
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Le nouveau nouveau détective

Publié le 1 Février 2015 par KRo

Mercredi matin, nous rentrons en classe, une élève est en larmes, c'est une élève discrète, calme, mignonne. Là, elle est effondrée.

Je lui demande de venir me voir pendant que les élèves s'installent et lui demande ce qui ne va pas :

- J'ai ma cousine qui est morte hier.

- (Merde!) Ah! Oh la la, mais elle avait quel âge? (Allez, dit 98 ans s'il te plaît.)

- 12 ans.

- (Shit!) Ah! Mais qu'est-ce qu'il s'est passé?

- Elle a été étranglée par un monsieur, comme ça, sans raison.

- (Quoi? Mais quelle horreur!) Ah! mais c'est terrible, je suis désolée vraiment.

J'ai pensé faire un temps de discussion sur le sujet en classe, la violence tout ça, histoire que la gosse puisse vider son sac et puis je me suis ravisée, me disant qu'elle n'avait peut-être pas besoin d'en parler maintenant mais plutôt besoin de penser à autre chose.

Une fois rentrée chez moi, j'ai cherché sur le site du journal local, je me suis dit que quand même si une gosse avait été étranglée comme ça par un dingue, on en parlerait un peu. Rien l'après-midi même. J'ai même écouté les titres du journal de France 2 le soir et puis je me suis dit que c'était peut-être trop frais, que le lendemain les journalistes en parleraient.

Le soir même, la gosse me contacte sur Skype, c'est déjà la deuxième de la classe de cette année qui fait ça. La dernière fois j'avais décliné et puis ensuite je lui avais expliqué de vive voix que je gardais Skype pour contacter ma famille et mes amis et j'avais aussi ajouté qu'elle devrait changer de photo parce que la moue façon cul de poule siliconé, pour une gamine de 10 ans ça risquait de lui attirer des ennuis en lui faisant rencontrer des gens mal intentionnés. Cette fois-ci, je décline par écrit non sans me dire qu'à elle aussi il va falloir que je fasse un laïus sur les pervers du net vu sa moue de truite, tête tournée un quart vers l'arrière au dessus de l'épaule gauche. Mais ils n'ont pas de parents ces enfants ou quoi?

Au passage, je vérifie ma photo à moi et me congratule chaudement pour avoir eu la bonne idée de ne pas choisir une photo de moi déguisée en Yvette Horner : ouais ouais, trop bonne idée, bien joué ma poule!

Jeudi matin, la maman de cette gosse veut me voir, elle est au bord des larmes et craquera dès qu'elle ouvrira la bouche. Moi je me dis qu'elle veut soit me parler de l'horreur qui frappe sa famille soit peut-être me toucher un mot de Skype vu que la veille sa fille a quand même été un peu insistante pour parler avec moi.

Et bien PAS DU TOUT, elle vient me dire que sa fille lui a avoué la veille au soir qu'elle m'avait raconté un mensonge énorme. LA GOSSE A TOUT INVENTE, personne n'est mort et encore moins étranglé sauvagement. C'est dingue non?!
Elle aurait inventé cela parce qu'elle préférait me dire ça plutôt que de m'avouer qu'elle avait très mal au ventre et peur de devoir subir une nouvelle opération comme celle qu'elle avait dû subir il y a 2 ans.

Mais comment une gamine de tout juste 11 ans toute calme et toute gentille peut-elle penser à un mensonge pareil? Je trouve ça absolument dingue!

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Elle négociait comme Korben Dallas

Publié le 27 Janvier 2015 par KRo

Hier soir nous avons eu la suite de notre formation commencée la semaine dernière. Et il est vrai que moi, quand on m'a couru sur le haricot pendant déjà 2h me privant en plus d'aller au sport, je suis pas zen, zen, hein.

Bref quand ça a commencé je n'étais pas prête à accueillir le discours de Mme Pincenez sous les meilleurs auspices, je l'avoue. En même temps, elle non plus n'est pas la grande prêtresse du bien-être, la semaine dernière, on avait accueilli tout le monde dans l'école avec galette et cidre, c'était "juste un morceau de sucre qui aide la médecine à couler, ça vous rend la vie plus belle" et elle avait dit : "Je ne suis pas contre la convivialité mais comment vous comptez faire?", comme si on ne pouvait pas manger une part de galette et boire un verre de cidre en l'écoutant parler. C'était pas des tacos pleins de sauce à manger pendant un concours de limbo que je sache!

Mais tout de même, c'est pas bizarre comme phrase ça? "Je ne suis pas contre la convivialité", elle doit vraiment se marrer dans la vie elle, c'est certain, elle fait partie de ces êtres étranges qui rigolent quand ils se brûlent.

Toujours est-il que la dame a ouvert les hostilités en disant une connerie énorme sur le contenu des règlements intérieurs des écoles et sur les conseils d'école et que ça m'a saoulé, alors c'est certain, je n'ai pas été aimable. Etant la seule directrice en fonction présente, je devais sans doute être la seule de la salle à avoir déjà lu en entier le règlement type départemental plusieurs fois et de plus, visiblement la dame n'avait pas plus de connaissance de celui-ci que du fonctionnement d'un conseil d'école alors ça m'a gonflé qu'au lieu de passer sur le sujet pour avancer sur la formation, elle insiste sur le fait qu'elle savait ce qu'elle disait parce qu' "elle l'avait déjà vu dans certaines écoles".

Nan, nan, nan, nan, nan, tu me dis pas ça, nan ça m'énerve ce genre de réponse. Quand tu dis une connerie, tu émets au moins un doute, tu te la joues pas "je coinche", nan, ça m'énerve.

En plus dans les écoles y'a plein d'habitudes, parfois mêmes complètement débiles, qui sont prises comme des normes alors sa phrase là, c'était pas possible. Mon mari, il dit que mon problème c'est que je n'arrive pas à me faire à la connerie ordinaire, et il a raison, dans ces cas là, c'est plus fort que moi, je ne peux pas lâcher l'affaire, dans ces cas là, je suis comme Korben Dallas, j'ai un sens de la négociation très particulier.

Alors voilà, j'ai été super agressive et je suis donc passée pour la grosse méchante brute.

Punaise, c'est chiant, mais comment ils font les gens pour arriver à se dire "Elle dit un truc complètement débile ou archi faux mais je vais faire comme si je n'avais rien entendu et laisser pisser." Comment ils font? Moi dans ma tête y'a une petite voix qui dit "Ok, là tu laisses pisser, laisse pisser, va pas monter au créneau, oh punaise, elle insiste, elle remet ça, elle en rajoute, bon, bon ben je vais lui dire, je vais lui dire parce que sinon elle va continuer à nous bourrer le mou avec des conneries, toute fière de nous enfumer comme une ruche, elle va continuer à nous faire chier avec sa formation merdique, elle va continuer à nous faire bouffer de la merde et elle continuera à faire bouffer de la merde à tout plein d'autres enseignants en demande de formation et en plus elle sera contente d'elle, ah non, là c'en est trop, faut lui mettre le nez dans son assiette pour qu'elle voit le problème de plus près!". Et c'est à ce moment là que je déploie mes talents spécifiques de négociation.

Moi en fait, ça me rend dingue ce genre de situation, vraiment, je suis un vrai pitbull, c'est affreux, je ne peux pas lâcher le morceau sinon qu'en affichant toute l'étendue de mon mépris sur mon avenant visage, mais d'un autre côté, je me sens comme investie d'une mission salvatrice, ça me galvanise. Je me dis qu'il faut bien que quelqu'un s'y colle.

Le seul véritable problème dans tout ça c'est que j'ai des collègues qui n'aiment pas quand je me transforme en loup-garou en leur présence, ça les met mal à l'aise alors c'est sans doute qu'il faut que je bosse un peu le sujet, je suppose, c'est que je ne dois pas être toujours du bon côté de la force.
Fait chier! je me demande si je ne suis pas un peu addict à ce genre de montée d'adrénaline en fait, oh la la, ça à l'air d'être grave ça docteur.

Si ça continue, sur ma tombe on pourra lire : "Elle négociait comme Korben Dallas." et "Mais elle chialait aussi dès qu'elle était émue (cela dit c'est toujours mieux que de vomir)." mais ça c'est une autre histoire.

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C'était vraiment très intéressant

Publié le 19 Janvier 2015 par KRo

Formation, 2 h en fin de journée, j'en attends beaucoup, on est censés parler de la gestion des élèves perturbateurs, ça me parle.

Ça commence bien, la formatrice passe déjà 5 min à expliquer qu'en fait ce n'est pas sa spécialité, qu'elle elle s'occupe plutôt des élèves en situation de handicap.

Ensuite elle nous demande d'écrire sur des feuilles des phrases qui donnent des exemples de comportements perturbateurs d'élèves. Bon. Puis elle nous dit que par groupe on va se concerter pour indiquer si on est d'accord ou non avec les affirmations qui nous seront redistribuées. Moi je trouve assez laid de donner son avis sur ce qui peut perturber un collègue en décidant si oui ou non il a bien raison d'être perturbé par cela. J'estime que même si ce collègue est un connard, si ça le perturbe dans sa classe, il serait plus efficace d'essayer de trouver une façon de régler le problème ou au moins de le gérer d'une façon qui lui convienne mieux plutôt que de signifier qu'on trouve ou non acceptable qu'il en soit perturbé, mais bon,la dame elle trouve que dire qu'on est ou pas d'accord ce n'est pas émettre un jugement. Ah! ben alors comment on ferait si on devait en émettre un? Je ne vois pas la différence mais je ferme ma gueule, ça y est c'est bon, je viens de comprendre qu'on apprendrait rien.

Après avoir fait notre petit classement, qui au final montre qu'on est en gros d'accord avec tous les exemples des collègues (on a bien fait de passer une demi-heure à se le dire, ça valait vraiment le coup), on passe encore un moment à le présenter aux autres groupes, ben oui, là encore, tellement intéressant, on ne va pas faire l'impasse sur ça.

Et ensuite, au moment où on se dit que peut-être on va enfin apprendre deux ou trois trucs à essayer pour tenter de faire face en cas de situation délicate, elle commence à nous expliquer que les gosses perturbateurs sont en fait en manque de confiance en eux, qu'ils se comportent ainsi pour essayer de s'affirmer et que c'est la seule façon qu'ils ont trouvé d'exprimer leur mal-être face à leurs difficultés! NAN! C'EST PAS VRAI, C'EST DINGUE! LA REVELATION! Dire que moi je croyais que les gosses en question ils étaient possédés! Mais alors il faut que je range mon crucifix et cesse de porter un collier en gousses d'ail! Punaise, déjà 1h20 de formation et c'est ça qu'on me dit, ben dis donc, j'ai bien fait d'insister pour avoir cette formation, suis ravie.

Voilà, voilà, et puis pour nous donner envie de revenir en deuxième semaine, elle nous a dit qu'il ne fallait pas demander aux élèves de respecter des règles qu'on ne respecte pas soi-même. Moi il me semble qu'il y a une différence entre donner l'exemple, ce qui me semble être effectivement une bonne chose, et considérer que nous devons être sur un pied d'égalité mais apparemment j'ai tort. Donc à présent, le jour où je décide au dernier moment de faire géographie plutôt qu'histoire de 14h à 15h, parce que ça m'arrange, ben faudra que je demande la permission aux élèves sans doute. Non parce que moi en classe, quand un gosse me dit qu'il a pas envie de faire un exercice, je lui réponds que je ne lui demande pas son avis, que c'est moi qui décide ce qu'il doit faire pendant cette séance en fonction des programmes établis voire même que s'il n'est pas content, il commence par faire les études qu'il faut, passer les concours, devenir inspecteur puis alors il viendra me dire si oui ou non il trouve que l'exercice que je lui demande de faire a ou non du sens. Mais si je comprends bien, cela est déplacé. Du coup, la prochaine fois que j'ai envie de foutre une baigne à un môme, ben je le ferai, et après avoir été forcée de m'excuser, je serai punie de récré ... Ah l'égalité ça ne fonctionne que dans un sens? En fait, y'a pas de statut qui tienne, les élèves sont les égaux des enseignants et les enseignants sont les égaux de ... ben de personne, ils ne doivent pas rendre des comptes qu'à leur hiérarchie, ils doivent en rendre aux parents, aux élèves, aux passants qui passent, à la crémière et à tout un tas de connards qu'on connaît même pas aussi sans doute. Ah c'est sûr je pense qu'on est bien partis pour se faire respecter des élèves perturbateurs, je crois que très clairement, c'est la bonne voie pour leur montrer que les règles s'appliquent à eux comme aux autres élèves et que c'est parce qu'ils seront capables de respecter ces règles qu'on les considérera mieux.

J'ai dû mal comprendre. Allez, bouge de là.

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