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makarotte.com

Envahir la Pologne ou enculer Thérèse

Publié le 18 Mars 2017 par KRo

Anton est un enfant de 10 ans qui ne supporte pas ou plus aucune frustration. En a-t-il trop subi chez lui ou pas assez? C'est une question à laquelle je ne sais pas répondre mais ce qui est sûr c'est qu'actuellement, n'importe quelle personne autour de lui est susceptible de lui déclencher une frustration telle qu'il ne peut la supporter.

C'est compliqué du coup : un enseignant en classe ou dans la cour lui dit "Ne fais pas ça.", il s'énerve; On lui demande de s'asseoir, d'entrer ou de sortir d'une pièce, il s'énerve; Un élève devant lui ne lui tient pas la porte, il s'énerve; Ce n'est pas lui qui est interrogé alors qu'il lève le doigt, il s'énerve; Il fait UNE erreur dans un exercice, il s'énerve ... Enfin bref, il est tout le temps énervé. Tout le temps. Et du coup, s'il était en classe, il en sort et s'il était dans la cour, il retourne se cacher en classe. Si on lui demande de rentrer dans mon bureau ou dans la classe, il s'accroche au mobilier à l'extérieur ou à la rambarde de l'escalier pour ne pas rentrer et aux tables de la classe pour ne pas sortir. C'est pénible.

Et puis, comme il doit considérer qu'il n'est pas assez énervé comme ça, Anton est aussi dans la provocation. Pour être sûr de trouver des occasions de se faire réprimander, des fois qu'on passerait un quart de journée tranquille (oui je dis un quart parce que de toutes les façons, dès qu'il va en récréation c'est mort, là c'est frustration sur frustration, d'ailleurs sa mère me l'a dit : "La psy est d'accord avec moi, on ne fait que le frustrer dans cette école!"). Cet enfant a été élevé pour être un dictateur mais malheureusement l'intendance ne suit pas que voulez-vous. Je ne vois qu'une solution, il faut qu'il s'achète un pays.

En attendant de savoir à quelle date exacte il va envahir la Pologne, jeudi, Anton, encore une fois frustré par sa maîtresse, Thérèse Lafaille, a écrit sur un post-it : "Je l'encule, elle !!!"
Et il a exhibé ce post-it fièrement devant toute la classe.

Et moi le soir, je me suis retrouvée à dire à l'Inspecteur au téléphone : "Hey, M'sieur Pierre, y'a en élève très malpoli qui a écrit sur un post-it qu'il voulait enculer Thérèse!". Toute ressemblance avec une scène du "Père Noël est une ordure" n'étant pas tout à fait fortuite.

Franchement, le lendemain, la psy scolaire m'a proposé de rencontrer Anton ensemble, pendant un moment calme pour trouver avec lui des solutions pour qu'il évite de s'énerver et aussi des façons de réparer le mal qu'il fait quand il déborde. Alors on s'est retrouvées toutes les deux avec Anton autour de la table. Elle, elle parlait doucement, lui expliquait les choses, peut-être pouvait-il aller se calmer dans un coin de classe, prendre un livre, écrire ce qui le met en colère ou s'y reposer ... Lui avait la tête tournée, tout chafouin, il n'a pas sorti un mot ni même un son pendant 20 minutes. Et moi, moi je n'avais qu'une seule envie, lui demander le plus tranquillement du monde : "Alors comme ça tu souhaites enculer Mme Lafaille? Alors comment on s'organise? On te permet de faire ça dans un coin de la classe ou bien préfères-tu avoir accès au placard à matériel d'EPS? Et ces tendances gérontophiles tu en as parlé déjà? Elle en dit quoi maman?"

 

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Ça commence comme un rêve d'enfant

Publié le 15 Mars 2017 par KRo

Ça commence comme un coup d'pied d'enfant
Que t'as pas vu venir
En plein dans ton tibia

Toi et moi, on s'en va appeler
Ton père sur le champ

Et lui parler de toi

Si tout change
Et s'arrange
Il y aura du bonheur pour toi
Et pour nous
Tu verras

Ça ressemble à un appel de merde
On croit qu'c'est un cauchemar
Et ça n'en finit pas

Le papa, n' sert à rien, le gosse l'envoie chier
Ou se barre en courant
Et ça dure 20 minutes

Si rien n'change
Ni n's'arrange
Il y aura des emmerdes pour toi
Et pour nous
Tu verras

Ça commence comme une crise d'enfant
On n'en voit pas le bout
Mais que c'est éprouvant ...

Merci à Julien Clerc pour ce moment de légèreté, vous trouverez l'original de cette chanson en cliquant sur ce lien.

D'abord on a passé du temps avec l'AVS dans mon bureau pour qu'il se calme, peine perdue. Gustavo dit sans cesse des choses du genre : "Tu me fais chier. Je vais t'emmerder jusqu'au bout. T'as pas fini. Je fais ce que je veux. NAN, C'EST TOI QUI TE CALME! C'est moi qui décide. FERME-LA! Je vais continuer. ENFOIREE!" Impossible de lui trouver un endroit où il va se poser, si je ne le retiens pas ou si l'AVS ne le ceinture pas, il commence à foutre en l'air tous les papiers sur mon bureau, monte debout sur les chaises, donne des coups de pieds, de poing, de tête dans tous les sens. On essaye de le contenir sans lui faire mal mais c'est extrêmement difficile. Toi ça te met dans une tension insoutenable parce que tes tripes te disent "Eclate-lui la tronche une bonne fois à Golum, qu'il comprenne qu'il faut qu'il arrête les coups et les insultes à répétition, qu'il comprenne qui est le roi de cette saloperie de jungle!" et ton cerveau te hurle "Zen, soyons zen, c'est un gosse, c'est un gosse et tu es l'adulte responsable de cette pièce." 

Après on a appelé le père avec le portable de la maîtresse, Alberta Tomba-la-Bomba (oui parce qu'auparavant, Alberta, l'avait appelé avec le téléphone de l'école parce que Gustavo se mettait en danger en montant sur les murs d'enceinte de la cour mais il s'était barré avec le téléphone à l'autre bout dès qu'elle lui avait passé son père pour le "raisonner" ou peut être le faire résonner on ne sait pas. Peut-être qu'il ne fallait pas lui passer le combiné mais le frapper avec pour voir si on obtenait un meilleur résultat. Et donc plus de téléphone, il avait dû le faire tomber ou je ne sais quoi mais celui-ci refusait de fonctionner à ce moment-là).

Et donc nous voilà, moi tenant le téléphone mis sur haut-parleur, l'AVS alternant les tentatives d'immobilisation du môme et les moments de pause où systématiquement il se barrait en courant. Le père avait un discours complètement naze et inefficace. Le gosse, quand il daignait répondre, disait des trucs du type : "Ça va j'suis pas sourd! La directrice me fait chier. J'fais c'que j'veux." Le père répondait :  "Il ne faut pas que tu me répondes comme ça. Oui, mais il y a d'autres mots pour le dire (ben tiens). Non, c'est comme à la maison il y a des règles (c'est c'la oui)." Et de temps à autres, je reprenais l'appareil pour dire que Gustavo était parti. Un moment il s'est même rebarré en classe, je me suis retrouvée avec le père sur haut-parleur, au milieu des mômes et d'Alberta qui essayait de les faire bosser bien que s'interrompant pour dire à Gustavo que son père était toujours au téléphone et n'avait pas fini de lui parler. Elle m'a dit : "Ah ça, j'avais jamais vécu ça, c'est une première." Elle, je peux vous dire qu'elle a du mérite de supporter cet immonde gnome et ses horribles parents depuis le début de l'année.

C'était surréaliste. Complètement délirant.

Et à un moment où je disais à nouveau au père que son rejeton venait de se barrer en courant, il m'a dit :

- Bon écoutez, je suis au travail.

- Nous aussi monsieur.

- Oui, bon, moi quand j'ai un problème au travail je n'appelle pas à droite à gauche!

- Euh, ça reste votre enfant monsieur!

- Oui mais il est confié à l'Education Nationale.

J'étais épuisée nerveusement ce matin, ça faisait près d'une heure que j'étais empêchée de faire mon boulot et je n'ai pas eu la répartie de lui dire que je n'avais pas de problème avec mon travail mais avec son enfant, que j'étais directrice d'école et pas de chenil et que ce n'est pas à l'éducation nationale mais à la médecine qu'il fallait qu'il confie sa monstrueuse descendance.

Quel enfer! Et dire qu'à l'inspection ils trouvent que dans cette école on ne communique pas assez avec les parents. Sans déconner! J'en ai pleuré d'épuisement, de dégoût et de rage.

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10 000 pas

Publié le 12 Mars 2017 par KRo

Heureusement, on peut compter sur les élèves pour nous maintenir en forme, alertes!

Vendredi par exemple, après avoir été alertée par son enseignante du fait que Miguel s'était encore enfermé dans les chiottes juste avant que la classe ne sorte en récréation, je cherche un tournevis et monte. Le temps de faire cela, le gosse n'est plus dans les dites toilettes. Je me charge de fouiller tout l'étage pendant que ma collègue part vérifier si finalement Miguel est descendu dans la cour. 

Je redescend, croise Gustavo avec son air de crevette avariée tout juste vomie par un vieux calamar boulimique, il a une équerre de tableau à la main et l'agite, fier de son trophée. Pas le temps de discuter, je la lui arrache des mains au passage, la dépose dans la seconde qui suit dans les mains de son AVS qui sort d'une classe dans laquelle elle était partie chercher une autre équerre faute de pouvoir reprendre celle dérobée par Gustavo à sa maîtresse et j'avance.

La collègue me confirme que Miguel est bel et bien allé dans la cour. J'y vais, le trouve, lui indique avec fermeté que s'il veut passer du temps caché dans les toilettes pendant les récréations et nous obliger à aller l'y chercher, il va venir en parler un peu dans mon bureau et là le gosse se barre en courant. Bien entendu, je ne vais sûrement pas lui courir après, j'entame donc mon entraînement à la marche merdique (c'est un peu comme la marche nordique sauf que t'as pas du tout envie de marcher, t'es en talon, tu arpentes la cour dans tous les sens en maintenant un écart de 3 à 5 m avec l'élève qui tourne et vire, voire tourne en rond autour des arbres et des bancs, et crie tel un possédé "J'ai rien fait!", et toi tu lui dis qu'il doit s'arrêter et venir avec toi pour parler calmement). Après environ 3 minutes d'entraînement, je finis par choper le môme à l'occasion d'une petite pause de sa part et le fait rentrer jusqu'à mon bureau en mode engouffrons-nous dans la voiture de police (bras dans le dos, attention à la tête).

Il s'assied dans mon bureau, j'attrape le téléphone et cherche le numéro de ses parents tout en lui parlant et là, le gosse détale.

Punaise, c'est reparti pour prêt de 7 minutes de marche merdique.   

Alors quand après que la sonnerie a retenti depuis au moins 3 minutes, alors que je suis toujours en pleine marche merdique, j'aperçois Anton à quelques mètres de moi qui s'est assis sur la murette, collé au grillage parce qu'il refuse d'aller se ranger et de retourner en classe, j'ai dit tellement fort "Anton, tu bouges!" en indiquant la direction avec mon doigt que même le vieux monsieur qui marchait sur le trottoir de l'autre côté de la route, m'a regardée avec l'air de dire "Ouiiii madame, j'arrive!".
D'ailleurs, Anton, derrière lequel il m'est déjà arrivé d'effectuer quelques minutes de marche merdique, a bien compris que je n'étais plus disposée pour les palabres et que le bâton de parole, s'il n'obtempérait pas dans l'instant, il allait se le prendre dans la tronche et il n'a pas moufté et a rejoint sa classe sans demander son reste pour une fois. C'était déjà ça.

Allez, qui veut fonder avec moi le premier club de marche merdique?

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Lucia Di Lafada

Publié le 12 Mars 2017 par KRo

Je vous ai déjà parlé des AVS dans l'article "Attention V'là les Secours" en 2014, mais comme on a reçu récemment de nouveaux spécimens qui valent le détour, j'en remets une couche.

Oui avec nos étrennes nous avons, par exemple, reçu Lucia Di Lafada et son accent indéfini mais parfois peu compréhensible par les élèves qu'elle accompagne.

Alors Lucia est formidable dans le genre improbable : 

  • Elle répond à son portable en classe ("Ben oui madame, parce que sinon j'aurais pas eu l'appartement!").
  • Elle copie sur les voisins de façon pas du tout discrète pendant les évaluations pour donner ce qu'elle croit être les bonnes réponses à l'enfant qu'elle accompagne. Ou alors elle lui souffle des erreurs.
  • Elle bavarde avec les gamins pendant que tu expliques une notion ou donnes une consigne.
  • Elle arrive en retard en classe parce qu'après que la cloche a sonné, elle se rappelle qu'elle a envie de pisser et qu'elle n'a pas été aux toilettes pendant la récréation alors que les enfants qu'elle accompagne n'ont pas besoin d'elle pendant ces temps là. 
  • Elle montre des vidéos à des gamins sur son portable pendant les récrés.
  • Elle se coupe les ongles avec les ciseaux d'un élève pendant la classe.
  • Elle raconte n'importe quoi aux gamins.
    - Elle te racontait quoi Lucia, là?
    - J'sais pas, j'ai rien compris ...
    - Bon, tu sais Lucia ...
    - Maîtresse, moi l'autre jour quand j'avais été malade, j'ai dit que j'avais pas mangé de toute la journée et elle, elle m'a dit qu'une fois, elle avait pas mangé pendant 3 mois!
    - Mmmh ... Bon enfin, Thomas, tu sais bien que ce n'est pas possible ça.
  • Elle donne son avis sur le travail des gamins, ceux qu'elle est censée accompagner ou d'autres, comme ça, à voix haute et devant toute la classe et en général ce sont des commentaires désobligeants et complètement déplacés.
  • Elle se permet aussi des commentaires auprès des enseignantes du style "Faut que vous soyez plus ferme avec Paul!", le genre de trucs qui te gonflent mais comme tu es polie, tu te contentes de la regarder avec un regard le moins expressif possible.
  • Elle arrive à se disputer avec des élèves de 10 ans. L'autre jour, elle s'est retrouvée au milieu d'une bataille d'élastiques avec 2 garçons de CM2 et quand j'ai essayé de remettre un peu d'ordre là dedans en expliquant qu'ils ne pouvaient pas se chamailler comme cela avec une adulte, elle s'est approchée pour gueuler "Et ch'est qui qui a commenché?". Au secours! Il ne manquait plus que le "Nananananèreu". Heureusement, les mômes ont compris à qui ils avaient à faire.

Car contrairement à ce que vous pourriez croire, non, Lucia n'a pas 8 ans et demi, elle doit plutôt approcher la cinquantaine, mais effectivement, elle est complètement débile!

Et puis sinon on a également eu la joie d'accueillir Stéphanie Renâcle, l'AVS qui boude. C'n'est pas banal ça non plus. La nana, sa posture c'est faire la tronche. Elle arrive en classe, fait tellement chier le gosse qu'elle est censée accompagner dans les 5 premières minutes que le gosse se braque et se barre et elle passe le restant de sa journée la bouche en cul de poule, les coudes sur la tables et les mains jointes, à bouder. Ah non, des fois elle fait aussi des commentaires à voix haute sur le comportement des élèves en classe ou leur donne des consignes à la place de la maîtresse. Drôlement utile comme aide dans une classe, tellement utile que l'enseignante préfère les demi-journées où elle n'est pas là, c'est dire!

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