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makarotte.com

Par où commencer?

Publié le 21 Mai 2017 par KRo

C'est la question que je me pose. Comment vous relater les derniers épisodes de notre vie d'école avec Gustavo?

Je me rends compte que je ne peux pas tout raconter, trop de choses, trop compliquées...

Bon alors je passe sur les coups, les insultes, l'arrêt de travail de 2 semaines de l'AVS suite aux coups reçus, les cris de Gustavo qui ne supporte aucune frustration, aucune contrainte et répète à l'envie qu'il fait ce qu'il veut ... bref ...

Parlons plutôt de sa mère, l'horrible Cruella D'Enfer, ça me fera du bien!

Il y a une semaine nous avons eu une nouvelle réunion pour discuter de la situation et essayer de faire en sorte que Cruella et le père de Gustavo, Troudufion D'Enfer, décident enfin de mettre en place des soins adaptés pour leur fils et acceptent un véritable allègement du temps scolaire.

Comme Troudufion avait mieux à faire, il travaille LUI, nous avons eu la joie de nous taper 1h15 de réunion avec Cruella. Et là, il s'agit vraiment d'une catégorie sportive bien précise : maîtriser ses nerfs pour ne pas se retrouver à traverser la table de réunion à 4 pattes et lui coller une baigne!
Cette femme est formidable. Elle est tellement tarée qu'on se retrouve à lui parler gentiment et calmement pour éviter qu'elle ne se froisse, pour éviter qu'elle ne se mette à pleurer, pour éviter qu'elle ne se barre, pour pouvoir lui dire ce qu'on a à lui dire. Et en prime, non seulement il faut fermer sa gueule et ne pas lui envoyer à la tronche toute la violence que la situation a créée en nous mais il faut en plus l'écouter sans broncher. L'écouter dire à quel point elle n'est pas écoutée, à quel point elle, elle souffre, à quel point chacun de nous est nul, à quel point on fait du mal à son enfant ... mon stylo a passé un sale moment, je vous l'assure, je l'ai trituré dans tous les sens et Alberta La Touffasse, la maîtresse, a dû faire à peu près tous les exercices de respiration qu'elle connaissait pour prendre sur elle.

J'en ai croisés des gens tout pourris mais elle, elle est balèze. Et en plus d'être odieuse et un brin perverse, je crois bien qu'elle est bête. Elle est arrivée quand même à dire sérieusement en réunion : "Madame la directrice veut le tuer!" tout en prenant à témoin de son regard de fouine sous acide, toute la tablée (on était quand même 10). Sans déconner! 
Et personne n'a ri en plus, on est drôlement fortiches dis donc. En fait, c'est parce qu'on était tous hyper concentrés sur l'objectif : qu'elle comprenne.

Ouais et bien on aurait mieux fait de s'éclater en l'écoutant déblatérer ses conneries parce que visiblement elle est ressortie de là en n'ayant rien compris en fait. Mais pourquoi n'a-t-on pas utilisé ma méthode alors? Quitte à ce qu'elle ne prennent pas acte de ce qu'on lui dit, pourquoi ne pas lui rentrer une bonne fois dedans? D'abord cela nous aurait bien défoulé et en plus, la réunion aurait été plus courte. Franchement, ça se discute hein ...

Au lieu de ça, lundi elle a fait un scandale à la maîtresse parce qu'elle "excluait son fils de tout", alors que simplement Alberta ne voulait pas accepter Gustavo l'après-midi puisqu'il a été établi il y a plusieurs semaines qu'il ne viendrait plus les lundis et vendredis après-midi (2 après-midis seulement en moins pour un gamin, qui, les jours où il est arrivé à se poser, a bossé grand maximum 10 minutes en tout et pour tout, on n'allait pas revenir là-dessus, surtout qu'on avait demandé encore plus d'allègement 2 jours plus tôt) . Mais Cruella, forte de sa logorrhée du vendredi précédent, s'était sentie tout permis. Quand je vous dis qu'elle n'a rien compris.
Mercredi elle s'est planquée à quelques mètres du portail et a attendu qu'après 3 ou 4 minutes de négociation après la sonnerie entre l'enseignante de service et Gustavo qui refusait d'avancer pour aller en classe, j'arrive pour le prendre par le poignet et le faire avancer, pour surgir et me balancer que je lui faisais beaucoup de mal à elle en agissant ainsi. Et ensuite, elle a écrit un mail bien dégueulasse à l'inspecteur dans lequel elle a vomi sa débilité de façon féroce et menacé évidemment d'écrire à l'Académie, au Rectorat, à la presse...

Je réalise qu'on ne peut rien faire contre les cons ou en tous les cas quand on a affaire à eux, il faut subir un bon moment. Le seul bon côté des choses, c'est qu'un jour, ils s'en vont et ce jour-là ils partent avec leur connerie qu'ils vont se tartiner jusqu'à la mort et je leur souhaite une vie très longue du coup, très très longue.

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Il va falloir se serrer les fesses

Publié le 26 Avril 2017 par KRo

Jusqu'à 16h, la journée se passait pour moi sans réel accroc. Et puis ...

Je reviens de la salle informatique avec ma classe et croise en plein couloir Gustavo, immonde cloporte, bouche pincée, yeux exorbités, mains serrées sur le guidon du vélo sur lequel il est juché et dont il ne veut pas descendre alors qu'il est à l'intérieur. De part et d'autre, parlementent sa maîtresse Alberta Bomba hyper calme mais ferme, son AVS qui n'en peut plus de se prendre des coups tous les jours et une autre collègue, Mme Dupuy, mousqueton engagé, prête à parer en cas de besoin.

Je laisse avancer ma classe et j'y vais moi aussi, j'aide Alberta à faire descendre l'Immonde de son vélo en lui prenant le pied droit et là, dès le vélo extirpé par l'AVS, je prends un violent coup de pied dans le tibia gauche. Une seconde plus tard, mon stress étant monté d'un coup, je suis assise sur ses jambes, lui est allongé au sol, je tiens un de ses bras, l'autre est tenu par Alberta qui lui enlève aussi ses chaussures parce que ça fait moins mal, ma montre a volé par terre je ne sais pas trop comment (gérer un gamin dans cet état c'est comme rentrer dans un long toboggan tunnel, les choses avancent mais leur perception est confuse) et il gueule : "T'as qu'à creuver grosse conne!" puis "Grosse conne" à de multiples reprises, de façon à ce que tout le monde en profite bien. Je me relève, il est toujours au sol, il attrape les cheveux d'Alberta si fort qu'elle a la tête à 20 cm du sol, je ne sais plus quoi faire. Elle finit par arriver à le porter jusqu'à sa classe.

17h, je reçois les résultats non officiels du mouvement (en langage de profane ça veut dire les changements d'écoles qui seront officialisés la semaine prochaine après vérification par les syndicats qui sont aussi nos représentants du personnels) : mes cops, Mme Dupuy et Mme Cédepé ont obtenu les postes demandés dans d'autres écoles, loin de nos locaux construits sur un cimetière indien sacré et des familles qui finiront par avoir notre peau. C'est sans doute bien pour elles, mais pour nous PUNAISE, c'est le dégoût. En plus, Thérèse Lafaille, elle, elle va rester du coup puisque des postes se libèrent chez nous. Louche de merde et re louche de merde. La double peine.

Alberta (dite la-touffe-en-moins depuis l'épisode des cheveux) m'appelle, dans le dégoût elle aussi, elle s'embrouille et me sort cette jolie expression mixant "se serrer les coudes" et "serrer les fesses" : Bon ben l'année prochaine va falloir se serrer les fesses. J'adore! J'adore la poésie de cette nouvelle locution, j'y trouve en plus, d'une certaine façon, l'expression féminine d'une entraide dans les moments difficiles. Petit bonheur.

Je vais au sport, en sortant, il est tard, ma voiture est garée un peu loin, là où j'ai trouvé de la place en arrivant, je la retrouve avec les vitres latérales gauches explosées, y'a du verre partout à l'intérieur, le pare-brise aussi a été fracassé. Allez, paroles de Coluche de circonstances : 

"Je clignote au bord de l’autoroute
J’ai pas fini de vomir ma bière
Le soleil en a rien à foutre
Mon estomac fait sa prière

Trop d’amour me pèse
Toi tu me quittes sans rigoler
C’est comme si j’avais avalé une chaise
Il faut beaucoup que je boive pour digérer

T’en fais pas c’est pas la fin du monde
D’autres filles passeront sous les ponts
Et la nature que le soleil immonde
Nous rechante chaque fois sa chanson

[...]

J’ai la boule coincée dans mon flip
Y manquerait plus qu’un oiseau me chie d'ssus"

 

Ce matin, après que Gustavo a frappé sa maîtresse, l'a insulté et lui a tiré de nouveau les cheveux, elle l'a mis dans le couloir avec son AVS. Comme j'entendais que cette dernière n'arrivait pas à s'en sortir avec la Raclure, je m'y suis collée et je me suis retrouvée à le tenir par une cheville dans le couloir pendant très très longtemps, 20 ou 30 minutes je dirai, pendant qu'il vociférait. Mais ceci étant dit, c'était un bon plan parce que comme c'est une crevette, en le tenant ainsi, je pouvais l'éloigner de moi quand il cherchait à me frapper avec ses poings ou son autre pied, j'avais une main libre pour le faire lâcher quand il tentait de faire casser mon bracelet en tirant dessus comme un âne et quand il essayait de taper son AVS ou de se s'agripper à ses jambes, je pouvais légèrement tirer sa cheville vers l'arrière pour l'en écarter. Il s'est pété plusieurs fois la gueule en essayant désespérément de m'atteindre debout sur un pied, j'ai quand même amorti ses chutes en le soulevant par la cheville, il s'est sans doute fait mal à force de tirer et de se retourner dans tous les sens, en tous les cas moi j'avais une bonne prise, loin des coups, et par conséquent j'étais hyper calme. Bon ça m'a fait les biceps et les triceps aussi, mais cette fois, c'est moi qui ai gagné la bataille.

Moi, mesdames et messieurs, je crois que l'esprit de cette nouvelle expression, nous pouvons tous le percevoir à l'aune de ce genre de situations. Elle a raison Alberta La Touffasse et d'ailleurs, je souhaiterais ici, devant vous, énoncer fièrement que se serrer les fesses, y'a que ça qui fonctionne!

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L'affaire des simples rideaux

Publié le 26 Mars 2017 par KRo

Il y a des jours difficiles et il y a des jours où sur le répondeur il y a un message comme celui-ci, essentiel, laissé à 9h08 : 

"Bonjour madame, je voudrais vous signaler que depuis le début de l'année qu'il pleuve, qu'il vente ou qu'il neige, j'ai remarqué que les rideaux de la classe de ma fille sont fermés. Je ne comprends pas pourquoi des enfants de 7 ans ne peuvent pas avoir accès à la lumière du jour. Ma fille m'en parle quotidiennement et ça me perturbe aussi beaucoup à moi. Alors merci de me rappeler pour m'apporter une réponse aujourd'hui et j'aurai l'occasion d'en discuter avec la maîtresse puisque je vais la voir prochainement."

Le pauvre, ça le perturbe à lui quand même. Que des gamins hurlent dans le couloir, insultent ou frappent les enseignants ça ne dérange pas sa fille mais les rideaux fermés parce qu'il y a du soleil, des élèves en récréation ou en séance de sport dans la cour, des parents qui passent et font coucou ou observent avec insistance, des passants, des voitures, des oiseaux qui sont sources de déconcentration, ou tout simplement du boulot à faire qui fait oublier qu'on a oublié de les ré-ouvrir, ça, ça c'est insupportable.

Et le gars doit être en planque 5 jours sur 7 en plus, pour faire ce genre de constatations, il a son petit carnet, ou son magnétophone et il note à la fois la météo et l'ouverture des rideaux. C'est Joseph avec son Poil de chameau dans Amélie Poulain : "13h12 Poil de chameau, 14h50 Poil de chameau, 16h17..."

Les élèves de 7 ans qui ne voient pas la lumière du jour, on croirait qu'on fait classe dans des caves à cause des bombardements. Et la demande de réponse dans la journée aussi, j'ai trouvé ça bon, je me suis dit que j'allais tout de suite faire passer l'information à notre service relation clientèle pour qu'il en informe son attaché diplomatique à la gestion de crise pour qu'il mobilise l'expert en tirage de rideau afin qu'il se mette en relation avec l'expert en lumière du jour. 

Et puis je me suis marrée et je l'ai fait écouter à plusieurs collègues. Ah c'est bon de rire parfois!

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Les cafards

Publié le 22 Mars 2017 par KRo

Hier, j'ai enfin trouvé comment donner l'alerte à tous mes collègues afin de déclencher le PPMS intrusion!

Ça fait des mois qu'on s'interroge, les sifflets, franchement, il n'y a pas mieux pour mettre en danger sa classe si on a réussi à ce que tout le monde se planque. L'alarme, type alarme centralisée incendie, il faut non seulement qu'elle soit dotée d'une autre sonnerie que celle de l'évacuation mais aussi qu'on puisse la déclencher de toutes les pièces de l'école donc cela signifie beaucoup d'investissements ... enfin bref, on n'a pas de solution, pour le moment, on sait se cacher mais on ne sait pas comment dire aux collègues qu'il faut le faire.

Mais là attention, hier soir, j'ai assisté à l'opération tous aux abris, dispersion immédiate des troupes, la plus rapide de l'ouest.

Le maître G s'est pointé, l'homme grenouille, il était vers 16h30 ou 17h, on était tout un groupe dans le couloir à se marrer et à décompresser et, toujours avec un œil qui surveille le chat et l'autre le barbecue, il a dit : "Il paraît qu'il y a une réunion vendredi concernant les élèves en difficultés?"

Et le temps que je réponde "Nan y'a une réunion pour les enseignants en difficultés." (oui parce que j'ai demandé à l'inspecteur qu'il veuille bien venir rendre visite à ses troupes sur le front pour constater qu'il nous faudrait un peu plus que quelques "tenez bon" ou "courage" pour qu'on arrive à finir cette année sans devenir complètement dépressifs), le temps que je réponde ça, j'ai vu tout le monde se carapater à une vitesse ... c'était impressionnant! Des cafards qui s'enfuient à toute allure quand tu allumes la lumière la nuit. VRRRROUCCHH

C'était énorme, chacun est parti de son côté, en étoile, sauve-qui-peut, chacun pour sa peau, ventre à terre, en quelques secondes le couloir était désert. Je me demande même si je n'ai pas vue une collègue s'aplatir comme une souris et passer sous une porte.

Moi j'ai terminé ma phrase et j'ai tourné illico les talons, retournant d'un pas vif dans ma classe sans me retourner.

Le gars c'est une alerte confinement à lui tout seul.

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