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makarotte.com

Ecole, rire et râleries.

Déjà j’avais pas envie d’y aller

Publié le 28 Décembre 2020 par KRo

Je me suis tapé le réveil vers 6h pour aller faire ma prise de sang au labo où il a fallu 30 minutes à la secrétaire pour gérer les 2 vieux devant moi pour lesquels il a fallu attendre qu’ils aillent chacun faire leurs petits besoins dans le bocal pour passer au suivant, parce que bien sûr il ne s’agissait pas de se déplacer de 30 cm pour accéder à un des ordinateurs de part et d’autre. C’est tellement mieux de laisser les vieux et assimilés (ça c’est moi dans ma période vis ma vie de nonagénaire) attendre debout et dans le froid.
«À la file indienne, indienne, indienne 
Tous à la file indienne 
Nous marchons en chantant 
Ti dam, ti di, a ti di li dou ti day 
Ti dam, ti di
C'est facile à prononcer 
Ti dam, ti di 
C'est la chanson qui nous plaît
Chantons ti di li dam, a ti di li dum ti day 
Ti dam, ti di, a ti di li dou di dou 
On rit, on joue, on s'amuse comme des petits fous »
Nan c’est pas vrai, on a froid, il pleut, et on s’est levé à une heure où les KRo ne se sont pas encore entièrement régénérées alors quand on ne travaille plus ce n’est pas une heure où on devrait avoir à se lever pour autre chose que pour partir en vacances! 

M’en fous, j’avais tellement pas envie que j’étais encore à moitié en pyjama! Ah et bien oui on se rebelle comme on peut hein, et mes moyens actuels sont très limités. Donc là j’avais tellement froid en me levant que j’avais décidé que je ne m’habillerais qu’en bas et qu’en haut on n’y verrait que du feu, de toutes façons je n’avais qu’à relever ma manche. Bon alors je suis peut-être passée pour une clocharde devant les 2 vieux et les gens de ce labo que j’ai toujours détestés, mais je m’en fous, ce que je sais c’est que comme ça, en rentrant, vers 7h45, il ne m’a pas fallu beaucoup de temps pour retrouver mon lit « en chantant ti dam, a ti di li dou, ti day ». 

Après mon deuxième levé (oui je suis une princesse, je procède parfois à plusieurs levés) je me suis retrouvée dans le taxi, et le gars, sans masque, a allumé RMC bien fort sur « Les grandes gueules » avec une dame qui disait des saloperies sur l’éducation nationale. Je me suis dit que le tableau était parfait pour une reprise.

Ensuite me revoilà en oncologie. J’ai eu le droit à mon petit plateau chimio, c’est comme un plateau télé mais sans les chips, la bière, la pizza ou le reste de bœuf bourguignon trop bon même réchauffé au micro-ondes. C’est un plateau avec une salade de pâtes au poulet, un bout de pain un peu sec avec un morceau de fromage qui a goût de carton bouilli et un yaourt. Des fois ça change, à la place du yaourt c’est une salade de fruits mais sinon le reste ne change jamais. Ah si, à chaque fois tu peux choisir la salade de pâtes aux œufs à la place du poulet, mais ça c’est si t’es un peu foufou, « ti dam, ti di, a ti di li dou di dou ».

Bon j’avais pas envie donc, mais il a bien fallu y retourner « ti di li dam, a ti di li dum ti day ».

Épisode VI : le retour de la gerbe.

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Bénévolat

Publié le 15 Décembre 2020 par KRo

Ca y est j'ai reçu ce matin le courrier m'accordant un congé longue maladie donc les paies de décembre étant préparées par anticipation en novembre, je ne serai de nouveau payée normalement avec paiement de mes parties de salaires non payées depuis novembre qu'en février je suppose ou en mars. 

En attendant, prostitution comme d'hab, pour payer le loyer. Pas super facile avec des agrafes dans le bide et les chimios qui vont continuer de s'enchaîner mais la maison ne recule devant aucun foutage de gueule.

D'ailleurs dans le courrier un poil énigmatique que j'ai reçu, que j'ai lu, relu et bien re relu, on m'accorde un congé de maladie d'un an, que je peux écourter ou prolonger moyennant paperasse évidemment et ... roulement de tambour, on me propose de faire du bénévolat avant de reprendre si ça me dit!

Du bénévolat! Les mecs sont tarés. T'es malade, tu peux pas assurer le travail à ton poste habituel, tu alternes tes journées entre fatigue, épuisement et exténuation, mais bon on ne sait jamais peut-être que tu t'écoutes un peu trop, ils te proposent de venir bosser gratos. Ils t'empêchent de recevoir la moitié de tes revenus pendant plusieurs mois, parce que pour obtenir que la sécurité sociale prenne le relais sur ton salaire, il faut montrer plus que patte blanche, il faut montrer langue blanche (j'ai!), foie blanc (j'ai aussi!), viscères et tutti quanti ... et après, on ne sait jamais, sur un malentendu ça peut marcher, il te propose de faire du bénévolat!

SANS DECONNER!!!

J'ai bien lu hein, y'a pas écrit que je peux bénéficier gratuitement d'activités proposées par l'Académie, y'a bien écrit que si je veux, je peux demander à être bénévole, à effectuer des activités encadrées et organisées par l'Académie.

Les mecs sont d'une créativité. Comme dirait le roi Arthur dans Kaamelott  : "C'est systématiquement débile mais toujours inattendu !" 

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Retour à la clinique

Publié le 11 Décembre 2020 par KRo

Retour à la clinique avec son cortège de petites humiliations et incertitudes. Arrivée 7h05, vers 7h45 je suis habillée de mes habits de lumière en intissé bleu marine, fermeture dans le dos mais avec pans qui se chevauchent (progrès!) et culotte, charlotte, chaussons , masque... puis 2h d’attente sans avoir plus de nouvelles sur le quand.

Ensuite c’est parti. Je retrouve une des infirmières et l’anesthésiste qui étaient là quand je suis venue en septembre pour la pose de mon porte-cathéter, elles sont plutôt sympas. 

Réveil avec sonde, drain, à moitié à poil. Moins sympa ... 

Remontée dans ma chambre, j’ai dormi pendant plus de 3 heures dans mes draps déchirés, sous ma couverture maronnasse, toujours dans le grand style années 70. 

Le chirurgien gynécologue est passé me parler me dire qu’a priori tout s’était bien passé et que mes annexes (c’est comme ça que s’appellent les ovaires et les trompes, j’ai appris ça en entendant le mot annexectomie prononcé par une secrétaire quand j’ai payé ma consultation pré-opératoire, oui je me réjouis d’avoir appris un truc, j’ai rien d’autre à foutre alors je me réjouis) mes annexes sont donc parties pour analyse, mais bon elles avaient l’air normales. Je n’ai pas vu le chirurgien digestif qui normalement a pratiqué l’observation de mon péritoine, pas vu avant non plus, bref, comme en août, ça confirme que le mec préfère avoir à faire à des corps épilés de frais étendus sur sa table plutôt qu’à des gens qui posent des questions. La dernière fois que je l’ai vu, pour le rendez-vous pré-opératoire, il a dit à un de ses collègues au téléphone devant moi que j’étais une patiente sympathique, je n’ai pas compris, vu qu’en rendez-vous je suis juste toute ouïe et qu’il ne s’est jamais gêné pour me prendre de haut quand j’ai osé poser des questions, je suppose donc qu’il trouve mon corps balafré par ses soins, trop sympa quand il me voit sur sa table d’opération, ça doit être mon nombril qu’est hyper sympathique ou alors il trouve sympathiques les gens qui la ferment et prennent sur eux, il ne sait pas ce qu’il perd lui, parce que rigolote je peux l’être si je veux.  

Ensuite j’ai eu un plateau repas vers 18h, rinçure de soupe, yaourt, compote, j’ai une dalle d’enfer.

Puis superbe nuit, lumières de la ville qui passent par le rideau extérieur déchiré, bruit, réveil à 00h36, 1h28 et 5h20, je ne comprends pas bien pourquoi les infirmières s’obstinent à dire « Bonne nuit » quand elles passent  dans la soirée vu qu’après on dort autant que lorsqu’on vient d’avoir un bébé. Trop fatiguée pour lire, je mate la télé, vers 7h13 j’ai déjà acheté 2 grills super faciles avec tiroir pour récupérer la graisse qui coule, à 44,98 euros l’un, une aubaine c’est certain, ainsi qu’1 magnifique éplucheur de légumes révolutionnaire. Je n’opte pas pour le super muscleur d’abdos, trop mal au ventre pour le moment... bref le matin à la télé y’a rien, du téléachat et des dessins animés, un peu d’info plus ou moins en boucle, j’apprends que Blanquer va se présenter aux régionales (yesssss) mais ne démissionnera pas pour autant (mais pouquoioioioioi, pourquoi?), je finis par me mettre la radio dans les oreilles. 

7h19, toujours pas de déjeuner, je pense qu’avec mes 200 kcal enfournées dans les 34 dernières heures, je suis capable de bouffer le bras de la prochaine personne qui passera la porte. Faim!

8h, le plateau, le plateau, le plateau, j’étais tellement contente que j’ai oublié de sauter sur la vieille qui est venue me l’apporter mais j’aurais peut-être dû.  Rebelote, même plateau avec un café à la place de la rinçure de soupe. Pourquoi personne ne dit à l’avance aux gens qu’ils doivent s’épiler entièrement, qu’ils se réveilleront avec une sonde et un drain et qu’ils ne boufferont rien ou presque rien pendant plusieurs jours? Ça ne m’est tout de même pas réservé, merde! 

Bon cette fois j’avais anticipé l’épilation déjà, j’ai pas découvert ça au dernier moment hier mais j’ai quand même eu le droit à l’infirmière qui vérifie. Sans déc ?! Elle m’a pris mes médocs aussi, tiens en août ils ne l’avaient pas fait ça, je le lui ai dit, bon, je suppose qu’elle a des instructions mais ayant 46 ans, prenant ces médocs depuis 23 ans et n’étant pas Alzheimer, moi je prends ça comme une petite humiliation supplémentaire, surtout qu’ensuite j’ai été obligée de les réclamer ce matin. 

Dans l’éducation nationale, enfin surtout en primaire, on lutte contre l’implicite pour que les enfants comprennent bien ce que l’on dit et ce que l’on attend d’eux, et bien pourrait y avoir de la formation en ce sens chez les soignants. Je vois bien que certains font des efforts pour dire ce qu’ils font ou vont faire, c’est vachement agréable quelqu’un qui explique je trouve, mais c’est peut-être mon côté enseignante qui parle, peut-être que les gens en général s’en foutent ou ne veulent pas savoir, moi ça m’est insupportable, j’ai besoin d’anticiper, d’intégrer, de traiter les infos, subir comme si j’étais le pauvre gars allongé du Dr Maboul, c’est chiant! En plus lui il a le droit à un calebut rose, moi j’ai une pauvre culotte en filet avec une espèce de couche dedans, comme après un accouchement, y’a plus glamour !

Bon... c’est reparti pour l’attente, le gynécologue y’a un mois m’avait dit que je sortirai le lendemain mais l’infirmière avait l’air très sceptique ce matin. Bref, le flou toujours, l’attente. 

Punaise, j’avais le soleil dans la figure, j’ai voulu faire descendre le rideau extérieur électrique, il s’est coincé à 20 cm en haut, après plusieurs tentatives infructueuses de remontées et descentes, je me suis débranchée du drain, j’ai fait rouler ma perf et j’ai ouvert la fenêtre pour tirer dessus tout en appuyant sur le bouton, j’ai gagné 20 autres centimètres mais je ne suis pas certaine d’arriver à le fermer entièrement cette nuit... roooooh la loose!  Vivement demain!

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Le mouille-persil

Publié le 16 Novembre 2020 par KRo

Gisèle est ma nouvelle meilleure amie. Je l'ai vue tous les jours au début quand il fallait vérifier mes pansements et puis maintenant je la vois toujours régulièrement malgré le confinement. C'est ma potasse. La première fois qu'elle est venue chez moi, elle était trop cool Gisèle, elle marchait tout doucement un petit pas devant l'autre, tout ça pour ne pas me foutre les boules parce que moi non plus je ne pouvais pas marcher vite et moi aussi j'avais tendance à faire avec le haut de mon corps un angle de 60 degrés avec mes jambes. Et au bout d'une semaine, trop sympa Gisèle, elle me laissait gagner la course entre le portail du jardin et la porte de la maison parce qu'au bout d'une semaine moi à côté de Gisèle, j'étais Flèche des Indestructibles, ça c'est de la bonne copine!

Bon en fait Gisèle, elle ne peut pas marcher plus vite, c'est comme ça, Gisèle elle est tellement vieille qu'au début quand elle avait un peu de retard le matin, je me demandais si elle n'avait pas calanché depuis la veille! En même temps, quand j'ai cherché une infirmière dans l'annuaire, en choisissant Gisèle, je devais bien m'attendre à ne pas voir arriver un top model brésilien d'un mètre quatre-vingt en dirndl. Enfin, ça aurait pu après tout, la vie est pleine de surprises, mais bon quand même ça aurait dû me mettre la puce à l'oreille.

Mais ceci dit c'est une dure à cuire Gisèle apparemment, elle est parfaite pour moi, elle fait des micros pas certes et a du mal à desserrer le loquet du portail mais elle a l'œil pour repérer les bonnes veines et elle est avenante. En vrai je n'ai jamais vu son visage puisqu'elle porte toujours un masque et j'ai juste remarqué qu'elle avait des poils sur la joue juste sur le côté de son masque mais bon, j'ai pris ça comme un signe de son côté rebelle.

Le lendemain du jour où j'ai appris que je n'allais pas retourner travailler tout de suite et que j'allais me farcir 12 cycles de chimio, elle était là, à me retirer mes agrafes. Moi j'avais le moral au fond des bas de contention et bon, même si ce n'est pas trop mon genre de m'épancher auprès d'inconnus, ma tronche était sans doute un peu lisible aussi malgré mon masque, et surtout ma voix me trahissait. Alors comme ça, elle m'a fait la conversation : " Vous savez moi je connais des gens, ils en sont à leur troisième cancer!"
Punaise, j'ai dû virer au vert moisi (" Non mais un déjà, je ne sais pas si je vais y arriver alors trois ... merde, merde, merde à la fin!"), parce qu'elle a ajouté qu'elle disait ça pour me faire savoir qu'à présent les gens vivaient très bien avec. Sympa Gisèle!
Bon, après déjà 2 mois de chimio je peux vous dire que c'est faux, on ne vit pas bien, on vit, mais mal, comme si tous les matins on se réveillait avec une gueule de bois carabinée, alors ok, on n'est pas mort mort, c'est déjà ça hein c'est certain, mais au niveau puissance vitale moi je me rapproche plus du concombre de mer qu'autre chose, c'est pas foufou non plus quoi, faut pas se mentir. Non mais Gisèle, elle est gentille, elle voulait m'encourager en fait, mais je ne suis apparemment pas une fille facile à encourager, j'suis un modèle un peu compliqué d'emploi.

On a continué à discutailler et elle m'a parlé de ses outils d'infirmière, de ses ciseaux bizarres tout ça, moi j'ai dit que c'était comme en cuisine, qu'il existait des ustensiles très spécifiques, bla bla bla, bref on a discuté le bout de gras quoi, vous savez je me fais vraiment suer toute la journée moi, j'ai besoin d'interactions sociales. Pendant ce temps là, elle, elle continuait à s'occuper de mes cicatrices et puis à un moment elle m'a dit : " C'est comme le mouille-persil, moi j'ai cassé le mien, il était très ancien, c'est ma belle-mère qui me l'avait donné, et ben je ne sais pas où je vais pouvoir en retrouver un."
Un mouille-persil? Mais qu'est-ce que c'est comme outil ça? Tiens c'est drôle de s'être mariée avec un type dont la mère était infirmière aussi. Bon mouille-persil, clairement, tout le monde voit bien ce qu'elle veut dire, mais par contre, dans quel cas doit-on avoir besoin de se servir d'un truc pareil? C'est drôle qu'elle l'appelle comme ça cet outil, je me demande comment ça s'appelle en vrai. M'enfin mouille-persil, je valide complètement ce nom en tous cas, délurée la Gisèle.
Et puis soudainement j'ai compris qu'en fait elle était revenue d'un coup sur la partie ustensiles de cuisine de notre bavardage, le mouille-persil a perdu de son mystère mais moi ça m'a bien fait marrer.

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