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makarotte.com

Ecole, rire et râleries.

Les morts-vivants

Publié le 7 Octobre 2020 par KRo

Hospitalisation, jour 1 :
J’arrive dans une chambre des années 70 avec couverture marron immonde et robinets qui gouttent bruyamment dans une salle de bain dans le grand style hôtel d'autoroute, les cliniques c'est plus ce que c'était.
Pas de PQ dans les WC, mais moi comme cocktail de bienvenue je dois pisser dans un bocal et m'infliger un lavement ("ALOHA"), alors on fait comment? On en demande à plusieurs personnes, et on attend 2h.  De toutes façons l’infirmière qui m'a dit qu'elle passerait rechercher mon bocal n'est jamais revenue, c’est celle de nuit, 3h30 plus tard, qui le récupère, perplexe, mais moi je suis déjà saoulée alors je m'en fous. 
Pas d’eau avec mon repas, il a fallu aussi quémander.
Un des 2 néons blafards clignote, quémander encore, à cette heure-ci? Il a fallu monter sur un fauteuil pour le débrancher histoire de pas passer la soirée en rave party.
A 23h30, je suis vidée, lavée, dans mon lit, j'essaye de trouver le sommeil, l’infirmière surgit pour me demander si je suis bien totalement épilée. Euh non ... personne ne m’a parlé de ça que ce soit en rendez-vous avec le médecin ou depuis que je suis arrivée à 16h30. Qu'à cela ne tienne, elle me fournit une tondeuse et m’oblige à l’utiliser sur le champ parce que le chirurgien est apparemment très à cheval sur une pilosité pré-pubère, le pervers, et en plus elle veut venir vérifier après, au secours! Même pour ma césarienne j’avais pas dû être autant dépoilée, non mais où j’ai mis les pieds moi? Dans un porno des années 70?
En plus l’aide-soignant est teubé, d’abord il gueule dans le couloir tellement fort qu’à chaque seconde où j'étais aux prises avec mon lavement j’ai eu peur que dans sa tournée, il en soit arrivé à ma porte qui évidemment n’a pas de verrou et la salle de bain non plus. Manque plus que les caméras et c’est le Loft. Et ensuite, quand l'infirmière m'a intimé de me raser le pubis, devant mon étonnement ("Si je l'avais su avant j'aurais été chez l'esthéticienne!") il a d’abord cru que j'étais esthéticienne (bon le gars parle fort mais n'écoute rien) , ensuite il m'a dit qu’il était trop tard pour appeler une esthéticienne (bon le gars parle trop fort et est demeuré) et m'a fait des blagues nazes sur l’esthéticienne de Christina Cordula « Ma chérie ton épilation c’est magnifaïque » (bon, sortez-moi ce gars ou je me jette dessus avec la tondeuse électrique qui chauffe et crame la peau, tu vas voir ton crâne va ressembler à mon pubis!).

Jour 2: 
On m'a réveillée à 5h30, merveilleuse nuit reposante donc avant mon opération, je suis prête à 6h15 et je poireaute jusqu’à 7h55, la télé ne marche pas, elle freeze, je n'ai pas la tête à lire, j'attends. Mais je n'ai pas été prévenue la veille que le fait de me réveiller après l'opération en soins continus impliquait que mon palace des années 70 allait être réattribué en mon absence alors j'ai pris grand soin de m’installer de façon à pouvoir accéder facilement à mes affaires à mon retour quand je serai impotente. J'ai bien défait ma valise et mon sac, tout rangé dans les placards et la table de nuit en anticipant mes besoins au retour.  Ce sont les brancardiers qui viennent me chercher pour m'emmener en salle d'opération qui me mettent au courant, bref, trop tard, ce sera une infirmière ou un aide soignant qui remettra toutes mes affaires en vrac dans ma valise et mon sac. Super, j’adore qu’on touche à mes culottes. Je râle, je dis en passant à l’infirmière qu’elle aurait dû me dire de ne pas défaire mes valises, elle me répond qu’elle n’était pas au courant que j'allais passer par les soins continus. Sans déc! Je suis en train de regretter de ne pas avoir écrit en gros sur mon ventre "pas de ce côté" ou bien "Merci de ne pas m'amputer", j'espère que le chirurgien, lui, n'est pas aux fraises.

Je ne l'ai pas vu, je dormais déjà.

Je me réveille dans un box aux soins continus, je comate, je suis shootée. C'est vitré de partout, il y a des stores en lamelles par dessus qui m'empêchent de voir mes voisins mais pas d'entendre les infirmières leur crier de se réveiller, de leur serrer la main, de pas mourir tout de suite quoi, ça bip tout le temps, tout le temps et de tous les côtés. C'est effrayant. Le store en lamelles qui donne sur le devant, vers la salle de surveillance et le couloir est cassé et stoppé au milieu de la vitre donc j’ai le droit à la lumière plein phare toute la nuit, de toutes les façons, ça s'allume aussi à droite et à gauche de façon régulière quand c'est pas chez moi pour savoir "Comment ça va?" et observer, je suppose, mes différents moniteurs, puisque je suis branchée également, ou changer mes perf. C'est une drôle de question quand même, comment ça pourrait aller? Ah oui, ça pourrait aller pire, comme la dame d'à côté au sujet de laquelle les soignants discutent acharnement et de fin de vie avec la famille devant ma porte OUVERTE! Ça aussi, c'est un problème! POURQUOI certains soignants laissent-ils systématiquement la porte grande ouverte sachant que toi tu es harnachée dans ton lit et que tu ne pourras pas la fermer toute seule et que pour autant t'aimerais avoir un tout petit peu d'intimité dans l'espace ridicule laissé par ton rideau cassé, ta sonde urinaire et autres branchements divers.

Jour 3 :
Ce matin toilette de chat faite avec un gant devant le lavabo mais surtout en vitrine puisque le lavabo est devant cette fenêtre au store cassé. Trop la classe à Amsterdam, je sens que Dodo la Saumure ne va pas tarder à passer la porte. Ce qui est bien pratique pour lui mais pas pour moi, c’est cette saleté de porte quasiment tout le temps laissée ouverte parce qu’une des 2 infirmières visiblement adore ça les portes ouvertes. Je n'ai plus la sonde urinaire mais me lever est tout de même une souffrance donc je ne vais pas le faire 10 fois dans la journée juste pour fermer la porte. Donc je supporte les bips et les conversations de couloir et je me démène pour ne pas trop montrer mon cul.
La télé ne fonctionne pas du tout, un technicien de maintenance était censé passer, que dalle, moi je ne suis pas encore au top pour lire longtemps, bref... j'attends que le temps passe.
Je n'ai toujours pas le droit de manger mais j’ai enfin le droit de boire et même l’obligation de boire beaucoup mais bon, j'ai pas de bouteille ...

J'ai fini par en avoir une, et entre ça et les perfusions sont venues les envies d'aller au petit coin. Les infirmières n'étaient pas d'accord, il a fallu que je pisse dans un sac sur un espèce de siège à trou comme avait ma grand-mère. Les infirmières de jour ont été sympas, elles ont essayé de coller du papier sur la partie basse de ma vitre au store cassé, bon ... c'est tombé plusieurs fois et puis l'équipe de nuit n'a pas eu envie de le recoller.

La nuit, parlons-en, vessie à bloc toutes les 2h, un poème. La première fois, je sonne pour qu'on vienne me libérer de mes différentes entraves. J'attends, j'attends, personne ne vient, 10 minutes passent, je me débranche moi-même de ce que je peux, j'entends les bips s'affoler, j'attends, j'attends, je suis assise au bord de mon lit, la chaise percée est en face de moi mais elle n'est pas équipée de sac, j'attends, j'attends, je n'en peux plus, je vais me faire dessus, je décide de trouver les toilettes. Sauf que j'ai été amenée ici endormie, je sors de mon box et je ne sais pas vers où aller. Je marche en crabe, pliée à 45 degrés, je traîne ma potence à perfusions, on dirait Quasimodo. J'ère pendant plusieurs minutes, je finis par trouver les WC au bout d'un couloir, la porte est une de ses portes lourdes qui se rabattent d'un seul coup, j'ai pas la place pour y faire entrer ma potence, je me débrouille. Je ressors, je me lave les mains, je suis au bout du rouleau, je retourne vers mon box et enfin je croise une infirmière qui commence à m'engueuler parce que j'aurais dû l'attendre et ne pas me débrancher seule. Je me doute qu'elle était occupée avec tous ces gens qui ont l'air plus morts que vivants mais j'allais pas me pisser dessus quand même, MERDE! 
Pour le restant de la nuit, l'autre infirmière est venue assez rapidement quand j'ai sonné et moi je me suis assise sur ma dignité puisqu'à chaque fois que j'ai baissé ma culotte c'était exactement au niveau de la vitre sans rideau : tu l'as vu? Quoi? mon cul, ma tête, mon cul.

Le jour 4 est le jour où je suis remontée vers les chambres, l'infirmière qui ne sait pas pourquoi tu es là et l'aide soignant qui gueule, mais il était passé de jour. L'équipe de nuit était normale.

Aux premières lueurs du 5ème jour, à l'aube, j'ai regardé à l'Est et le chirurgien qui est venu m'a autorisée à enfin prendre un repas, autant vous dire que j'avais hâte parce que les perfusions c'est bien sympa mais votre estomac lui, il en a rien à foutre, il est tout vide et il râle, la rinçure de soupe, il sait bien lui que ce n'est pas de la vraie nourriture. A midi et demi, l'infirmière est entrée dans ma chambre pour vérifier ma tension, ma fièvre et tout le toutim, elle a vu que je n'avais pas de plateau, moi j'attendais patiemment mais en fait on m'avait oubliée. Naaaaaannnn! Siiiiiiii! Mais qu'à cela ne tienne, elle est partie me chercher un plateau, c'était celui prévu pour un autre patient, il y avait son numéro de chambre dessus, bon je ne sais pas, il était peut-être mort, en tous les cas il n'avait visiblement plus besoin de manger. Mais ce qui est sûr c'est que dans une unité où on traite des patients avec des problèmes intestinaux, l'adaptation des menus c'est pas juste pour faire joli, normalement il y a une logique, moi je le savais bien hein que tous ces légumes là, c'était pas adapté à mon cas, mais j'avais vraiment faim, j'allais quand même pas crever la bouche ouverte, j'avais rien pris avec moi dans mes bagages, "pas un seul petit morceau de mouche ou de vermisseau", alors même s'il n'y avait pas de sel, j'ai tout mangé. Et puis quelques temps plus tard, j'ai eu la première diarrhée de ma nouvelle vie! Alors on dit merci qui? Merci la vie!

Entre temps, j'avais été marcher dans le couloir, histoire de montrer que je faisais définitivement partie du monde des vivants et qu'il fallait me laisser sortir de là, et bien franchement, ce n'était pas évident au premier coup d'œil.  D'abord parce que je marchais comme une petite vieille, mais surtout partout où mon regard se posait, si j'avais le malheur de tourner ma tête vers la droite ou la gauche, à cause de ces saloperies de portes restées grandes ouvertes à cet étage aussi, je tombais sur de vieilles personnes auxquelles j'aurais pu piquer le plateau repas sans qu'elles ne s'en aperçoivent et ce même en faisant mes tous petits pas. J'ai même vu un monsieur gisant sur son lit avec une couche. Horreur malheur. Franchement, je me suis imaginée à sa place, entendant que ma porte est ouverte et que tous ceux qui passent ne voient pas ma tête certes, cachée par l'angle du mur, mais voient tout le restant de mon corps comme ça ... ayez pitié!

Le 6ème jour, j'ai eu le droit de retourner du côté de la vie.

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Aux chiottes la rentrée

Publié le 7 Octobre 2020 par KRo

Bonjour tout le monde,

Je sais que certains d'entre vous se demandaient ce que je pouvais bien faire vu que je n'ai encore rien écrit sur la rentrée ...

Epuisement professionnel? ça aurait pu, vu l'état misérable dans lequel j'ai attaqué le mois de juillet et vu l'accumulation des indications contraires à propos de la gestion du coronavirus en septembre. En septembre que dis-je, j'ai préparé la rentrée pendant l'été avec les différents et successifs protocoles sanitaires. J'ai jeté l'éponge le 26 juillet après avoir réorganisé encore une fois la rentrée suite au protocole du 23. Bon, mi août les télés et les radios ont parlé d'un nouveau protocole, j'ai vérifié c'était le même mais avec des lignes oranges passées en bleu en gros (punaise mais sans déconner, c'est pas du harcèlement ça? C'est pas du sadisme?). Enfin bon, j'étais administrativement préparée, rentrée carrée, millimétrée au poil de cul.

Mais finalement je n'ai pas fait la rentrée, j'ai refilé le dossier à mes collègues parce que moi j'ai trouvé de quoi bien me stresser, m'angoisser, m'insécuriser, me faire cogiter pendant des heures, m'empêcher de dormir, défaire mes plans et m'obliger à les refaire : un cancer!

Donc aux chiottes la rentrée! J'ai passé une partie de mon été à la clinique et même tout l'été indien :
"On ira, où tu voudras quand tu voudras,
mais surtout voir des médecins,
qui n'te veulent pas toujours du bien,
toute ta vie,
sera tenue entre leurs mains,
t'auras peueueueueuer
que ce soit la fin"

Du coup j'ai des trucs à vous raconter dans mes prochains articles, sur ma nouvelle drôle de vie : 
"On m'a dit que j'étais faite
Pour une autre vie
J'ai des colères plein la tête
Mais je fais ce que l'on me dit
Je vous emmène faire un tour
Dans ma drôle de vie
J'n'écrirai pas tous les jours ...

Et je me pose des questions, qu'est-ce que ça changera ?
Et je m'auto-réponds , donc on en est là?!
Si on parle d'hôpitaux, ça vous changera?

Si je sais que j'écris ma vie et que tu aimes au fond de moi
Me donne tous ses emblèmes, me touche quand même du bout de ses doigts
Même si j'ai des problèmes si j'sais que tu aimes, ça m'aidera
Laissons toutes mes peines, ces drôles de poèmes, viens avec moi

Je suis partie malgré moi
Pour une drôle de vie
Je suis toujours en émoi
Et j'écris ce que j'ai envie
Je n'aurais jamais fait le tour
De cette drôle de vie
Je me demanderai toujours ... "

 

 

 

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Seux n'est pas bien avenant

Publié le 8 Juin 2020 par KRo

Le matin, y'en a qui pensent à la présidence en se brossant les dents, moi j'écoute France Inter.

Et ce matin, Dominique Seux, dans son édito économique, parlant de la réouverture des écoles, a cité "un ministre en première ligne" qui a dit en privé  : " Si les salariés de la grande distribution avaient été aussi courageux que l'Education Nationale, les français n'auraient rien eu à manger."

Alors monsieur Seux, d'abord ce n'est pas joli joli de rapporter. Ensuite, quitte à rapporter les propos de quelqu'un, c'est mieux de rapporter des propos intéressants. Faut faire un tri hein quand même, avant de citer des ministres, même des ministres de première ligne (ce sont les gros baraqués qui poussent, je suppose, les autres je ne sais pas qui ils sont, des ministres qui enfilent des perles si je comprends bien, ou des mouches peut-être, je ne sais pas). Oui parce que sinon vous allez vous retrouver à répéter des propos comme "Merde, j'ai pas encore dit une connerie, là? Allez c'est pas grave, encore une pour qui? Pour Jean-Mimi!", "Qui c'est celui là? Ah ben oui, il vient récupérer des perles (ou des mouches, on ne sait toujours pas).", "Ouh ben j'ai bien mangé moi." ou encore "J'ai bien envie de faire caca.", et bon même si ça vient d'un ministre de première ligne, et bien nous de l'autre côté du poste, on préfère ne pas savoir, voyez-vous?

Il y a du off qui ferait mieux de rester du off, sinon ça va finir en émission de téléréalité façon "Marseillais versus Covid 19".

Franchement, à une heure de grande écoute, dans une matinale suivie par des milliers de gens, ça n'est pas bien avenant. Quand on fait le point sur le temps de travail, l'énergie, la santé mis dans la balance pour gérer l'aspect scolaire du confinement et du déconfinement et qu'on prend ça dans la tronche, on a beau ne s'attendre à aucune reconnaissance de plus après qu'avant, ça ne donne pas envie d'aller bosser.

Le ministre de première ligne que vous avez cité, j'espère qu'il n'ambitionne pas de faire carrière dans le management d'équipes parce que question motivation des troupes dans ce cas là mieux vaut dire "J'ai bien envie de faire caca.", cela aura davantage d'effets positifs.

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Bref, j'ai vu la psy scolaire

Publié le 2 Juin 2020 par KRo

Cet après-midi j'étais en classe avec mon groupe d'enfants de parents volontaires pour qu'ils reprennent l'école, quand la psy scolaire s'est pointée à ma porte : 

- Bonjour, lui dis-je.

- Bonjour, ça va?

- Euh ... (la perplexité me gagne, des yeux j'essaye de lui faire réaliser l'absurdité de sa question ainsi que l'environnement dans lequel nous nous trouvons, la classe est redécorée à la rubalise et aux panneaux d'interdiction de s'asseoir à telle ou telle table.)

Apparemment je ne me débrouille pas trop trop mal des yeux mais j'ai du mal à faire passer la subtilité (bon ne nous en cachons pas, même sans masque, je ne suis pas forcément dans la subtilité au niveau de mes expressions faciales, en général les gens voient tout de suite si je pense du bien ou pas de ce qu'ils me racontent, la seule raison pour laquelle je peux arriver à arborer une véritable poker face, c'est quand vraiment, mais vraiment, I don't give a shit, dans ces cas là effectivement, j'attends que l'interaction s'arrête en faisant des exercices de respiration pour passer le temps donc du coup, j'affiche un air de rien). 

- Non mais en dehors de ça, ça va?

Punaise, là j'en ai déployé des trésors d'exercices de respiration : tu veux dire, à part la merde que c'est d'organiser la rotation des élèves volontaires sur la semaine chaque semaine, en tenant compte des élèves prioritaires de plus en plus nombreux chaque jour, sans que les élèves ne s'approchent jamais à moins d'un mètre les uns et autres et sans que les groupes ne se croisent jamais dans les couloirs ou les escaliers, sans qu'ils rentrent ou sortent par le même lieu ou en même temps, sans qu'ils ne partagent le même lieu de récréation tout en sortant quand même en récréation et pas à 9h du mat, tout en se lavant les mains sous notre supervision pendant 1h20 par jour, tout en se succédant sans jamais se croiser dans les toilettes, organiser cela bien entendu tout en étant en lien avec la Mairie, et en s'assurant aussi que les élèves qui en ont besoin sont bien accompagnés par une AVS, tout ça avec des enseignants qui ne peuvent pas tous revenir travailler en classe et avec des AVS qui elles non plus ne peuvent pas toujours être là donc il faut réorganiser leur planning à elles aussi, tout en s'assurant qu'on a bien des masques et du gel et du papier essuie-mains, et en devant donner les effectifs des élèves accueillis tous les 2 jours à l'inspection, puis désormais tous les jours, en recevant des informations la veille pour le lendemain, des injonctions contradictoires d'une heure à l'autre, en devant remplir des enquêtes urgentes ou répondre à des questions données à 9h pour midi alors qu'on est en classe, et en ayant des appels de l'inspectrice le dimanche soir sur mon portable perso ou bien encore à 20h30, et en s'occupant de faire passer les infos à toute l'équipe même à distance rapidement, ainsi qu'aux familles pour qu'elles puissent s'organiser, tout en répondant aux questions des familles qui ne lisent pas les messages pour leur redonner les mêmes informations, en ayant des parents qui ne répondent pas aux multiples sollicitations ou bien répondent qu'ils vont mettre leurs enfants puis qui ne les envoient pas à l'école donc ça nous fout le souk dans nos groupes, tout ça avec Jean-Michel qui continue de dire des conneries comme celle qui consiste à dire qu'on va appeler chaque famille pour que tous les élèves reviennent à l'école sachant qu'on n'a de toutes les façons pas la possibilité d'accueillir tous les élèves à l'école à moins de faire des rotations encore plus larges et faire râler encore plus de parents, avec toujours une inspectrice qui ne répond précisément à aucune question si la réponse doit engager sa responsabilité puisqu'elle n'en prend aucune mais en revanche fait tout peser sur les épaules des directeurs, et cela bien sûr tout en continuant à préparer la classe et également, puisque nous sommes proches de la fin d'année scolaire, à faire tout ce qu'il y a à faire d'habitude pour clore l'année et pour préparer la rentrée de septembre pour laquelle on n'a pour le moment aucune information officielle ... C'est ça que tu veux dire ? Non parce que j'en ai oublié sans doute vu que je dors très mal depuis plus d'un mois et que je bosse 7 jours sur 7, je ne suis peut-être pas exhaustive, tu vois, par exemple, j'ai oublié que l'école sera en travaux cet été et qu'il faut aussi qu'on range tous les manuels et le matériel dans des cartons avant le 3 juillet,  j'en suis déjà à mon quinzième rien que pour ma classe, faits sur mon temps "libre" évidemment ... C'est à part ÇA que tu voulais dire? 

Ah oui alors, si on évite de parler ou de penser à toute la merde, oui à part ça : 

- Ça va oui...  Tu voulais quelque chose? 

- Non, je passais, j'ai fait le tour.

Uuuummmmh intéressant, t'as fait le tour. Effectivement, certaines collègues m'ont dit qu'elles l'avaient vue apparaître à leur porte, elle me cherchait et en a profité pour leur dire "Ça va?!".

Ça lui a pris à peu près 10 minutes je pense, en comptant le temps de se garer. Et puis elle est repartie. Grosse grosse journée là. 

Bref, j'ai vu la psy scolaire.

 

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