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makarotte.com

Ecole, rire et râleries.

Préméditation

Publié le 8 Avril 2018 par KRo

Il y a une semaine, la mère d'Iliam laisse un message sur le répondeur un midi pour dire qu'elle va déscolariser son fils (mais pas sa fille) et lui faire l'école à la maison parce qu'il est constamment harcelé par un garçon (bon elle ne m'en avait jamais parlé jusque là et l'an dernier elle se plaignait d'un autre gamin; Dans le cahier de liaison, elle écrit des mots bourrés de fautes, en plus son gamin est soit en retard soit absent un jour sur deux et ça fait déjà 2 ans que j'attends qu'elle me fasse passer pour le médecin scolaire des bilans de soins concernant son fils, donc je n'ai pas tellement été émue par son message). Qu'elle le déscolarise, ça fera un problème en moins. En sortant de l'école en début d'après-midi pour une réunion, je la croise avec son fils. Elle me dit qu'elle a contacté l'académie, qu'il vont lui envoyer un document concernant l'école à la maison. Je lui fais remarquer que tant que je n'ai pas fait de certificat de radiation son fils doit être à l'école, elle me répond que "Oui bien sûr, mais là, il avait pas envie d'y aller." Ah ben d'accord alors, moi je n'avais pas compris que seuls les enfants qui avaient envie d'aller à l'école devaient s'y rendre, suis bête.

En revenant de réunion, j'apprends que son mari ne veut pas que son fils soit déscolarisé et qu'il veut un rendez-vous la semaine suivante. En mon for intérieur je me dis "Etes-vous vraiment obligés de me mêler à vos élucubrations, vous ne pouvez pas vous organiser un peu?", mais j'accepte.

Vendredi, rendez-vous donc, le père et la mère sont là avec Iliam et le plus petit de leurs fils, scolarisé en maternelle. Le père commence à se plaindre d'un gamin de la classe, rapporter ce que son fils lui a dit et aussi ce qu'il a entendu dire sur ce gamin en question. Iliam, lui, fixe avec attention une carte pokémon, pas vraiment concerné. Le père est énervé, se plaint du manque d'éducation des parents du gosse agresseur, sauf qu'il est lui-même très agressif. Moi je prends des notes, ça m'occupe, surtout que je sens que ce rendez-vous ne va vraiment servir à rien. On s'occupe déjà du cas du gosse en question.

Les deux parents continuent de décrire ô combien ce gamin est mal élevé en donnant des exemples qui n'ont pas forcément à voir avec l'école d'ailleurs et la mère dit : " ... et il a dit à une amie, qu'est-ce que tu as toi je vais t'enculer!"
Là je relève la tête brusquement et jette un coup d’œil à Iliam et son frère. Personne ne bronche. La mère répète plusieurs fois "je vais t'enculer, je vais t'enculer", "non mais il dit ça comme ça devant des enfants!". Ben oui, oui, c'est bien le problème il me semble, je suis stupéfaite, ça ne lui vient pas une seconde à l'idée que de répéter ça devant ses enfants puisse être préjudiciable, elle continue.

Ils sont là tous les deux à parler comme des charretiers, "ce gosse fout le bordel", devant leurs mômes, heureusement, le plus petit s'est endormi sur la table au bout d'un quart d'heure. Et ça continue, et ça continue, j'ai beau leur avoir dit qu'on est au courant que le gamin incriminé est difficile, qu'on a fait tout ce que nous pouvions pour que la situation évolue, qu'on a pu constater quelques changements positifs, il faut qu'ils déballent ...

Et le père annonce : "Je vous PREVIENS! Si jamais ça continue, moi le gosse un soir je vais le suivre jusqu'à chez lui et son père je vais le coller au mur! JE VOUS PREVIENS!"

Comme je ne vois pas vraiment dans quel but il me prévient de ce genre de choses puisque personnellement et professionnellement ça m'est complètement égal, j'ai donc pris note : le père d'Iliam a prémédité le fait d'aller agresser physiquement le père d'un enfant de l'école pour bien lui montrer comment bien élever son fils dans la paix, la joie et l'amour, tout ça après avoir suivi jusqu'à chez lui un gamin de 8 ans qui sort de l'école. Pervers, agressif et dangereux monsieur le gendarme, je peux en témoigner.

Voilà, voilà et sinon à aucun moment ils n'ont parlé de déscolarisation.

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L'indicible con

Publié le 4 Avril 2018 par KRo

Vous me connaissez, j'ai du mal à ne pas dire du mal. Eh, eh eh ...

J'aimerais bien pouvoir me passer de dire du mal, parce que ça me coûte à moi aussi faut pas croire. Ça m'use. C'est beaucoup d'énergie et de combat intérieur. Mais les gens font rien que de faire des trucs débiles et dire des trucs débiles et se comporter comme des débiles, faut bien que quelqu'un se charge de dénoncer cela, il en va, j'en suis certaine, de l'équilibre de notre monde!

Bon, il n'en va peut-être que de mon équilibre, mais quand même c'n'est pas rien...

Non mais parce que sinon, on va tous finir par s'y habituer, par la banaliser la débilité et finir complètement abrutis nous-même, c'est horrible. On ne peut décemment pas accepter cela. Si on peut? Nan, on ne peut pas, on ne peut pas, moi ça me rend malade, je rumine, ça me ruine, non on ne peut pas. Luttons!

Le vieux stagiaire, par exemple, prenons-le lui aujourd'hui comme exemple, je vous en ai déjà parlé ces derniers mois et jusque là, pas de chamboulement, pas de retournement de situation, le gars reste constant : NUL!

Alors oui il m'est arrivé de me tromper, d'avoir des jugements trop hâtifs sur les gens (Naaaannn? Pas possible, toi? Oui je le confesse, ça a pu se produire mais exceptionnellement à l'évidence ...). Mais là, clairement, je veux bien bouffer ma culotte cuisinée avec des champignons (beurk) si jamais je change d'avis. 

 

Ce jour, nous avions une réunion de 3h prévue pour travailler sur notre prochain projet d'école, après avoir fait le bilan du précédent il y a 2 mois.

Vendredi, inspiré comme toujours (toujours, il est toujours inspiré, il se prend légèrement le menton avec la main ou pose ses mains sur ses cuisses avec un air d'implication totale, il baisse un peu les yeux et la tête pour qu'on puisse observer le lustre de sa boule à zéro, il pèse ses mots comme s'il m'annonçait une maladie mortelle ou un truc grave genre "plus jamais tu n'auras le droit de boire de la bière", enfin un truc angoissant quoi, il parle toujours comme ça, on vit des moments profonds quoi), le gars me dit qu'il ne pourra pas être là mercredi parce qu'il a cours à l'ESPE (l'école des enseignants) et qu'il m'enverra ses réflexions préparatoires à la réunion par mail. Déjà, j'avais hâte, mmmhh ses réflexions, trop bien.

Et ce matin j'ai reçu un message captivant, mais qu'aurait-on fait sans?

Alors évidemment, j'ouvre le message, je suis ravie d'émoi (eh oh, Bruce Willis quand même, rappelez-vous, Bruce Willis du pauvre hein, sans musique, sans cascade, sans muscles saillants, sans vannes rigolotes, sans rien de tangible en fait, enfin si, sans cheveux)... non mais absolument pas, je l'ouvre par acquis de conscience mais déjà je souffle ...

Et en fait, le gars m'a annoté les tableaux bilans de notre actuel projet d'école envoyés à tous donc il y a 2 mois après qu'on a planché en équipe sur le sujet. Merci pour ton implication mec, sinon, comment as-tu trouvé ma présentation aux parents en septembre, n'hésite pas hein, si tu veux me faire un retour là-dessus aussi, on est bien là, on est en avril, c'est comme si on était dans les temps. Et surtout, mmmmhhhh (c'est bon ça, je me régale, j'en ai plein la bouche), ses annotations multiples sont hautement salutaires : "Sans avis", "Ce n'est pas moi qui suit ce sujet", "Je ne fais pas ce type de sorties" ou "même constat, j'irai plus loin en rajoutant que les élèves ne se respectent pas entre eux, parfois à l'intérieur d'une même classe (exemple de la mienne)"  (tu m'étonnes) et ma préférée "Pas connaissance d’une progression sur ce sujet" à propos de la progression sur l'enseignement de l'accord sujet-verbe établie il y a donc 4 ans et présente avec toutes les autres progressions de cycles dans un classeur commun présenté en début d'année et dont l’existence fait l'objet d'un des points de notre première réunion de l'année puis de répétitions plusieurs fois ensuite, sans doute même que j'ai envoyé par mail à toute l'équipe toutes ces progressions, sans compter qu'elle est mentionnée dans le projet d'école en cours donc qui est affiché en salle des maîtres et qui est LE document dont tout enseignant (surtout débutant) doit prendre connaissance en arrivant dans une école. Non mais quoi, il faut lui tatouer sur le cul pour qu'il en prenne connaissance?! 

Et puis ensuite il m'a donc donné ses éclairages pour notre futur projet d'école, accrochez-vous parce que là aussi c'est du lourd. Déjà, monsieur trouve que l'équipe ne travaille pas assez sur la façon d'enseigner. Alors pour commencer, ce serait bien, comme qui dirait, qu'il lise ce qu'on se fait chier à mettre en commun et détailler comme les progressions de cycles. Ensuite, il a qu'à poser des questions ce con. Et enfin, il veut pas qu'on lui prépare sa classe aussi? qu'on lui rédige ses fiches de prép, ses progressions de classe et ses programmations dans toutes les matières pour qu'il puisse continuer à jouer à la maîtresse comme il le fait depuis le début de l'année?
Et puis, il se permet de faire des remarques sur le fait que d'après lui tout le monde dans l'équipe n'applique pas les règles établies à l'école en matière de discipline. Ben je sais pas, commence par t'occuper de l'espèce d'IPN qui te traverse le cerveau déjà et à faire des trucs basiques comme NE PAS LAISSER TES ELEVES TOUS SEULS DANS LA COUR, NE PAS LES LAISSER COURIR SUR LES TROTTOIRS DANS LA RUE, GERER LES CONFLITS QUAND ILS ARRIVENT ET PAS 2 JOURS PLUS TARD, NE PAS ATTENDRE 24 H POUR PUNIR UN GAMIN, NE PAS LAISSER TES ELEVES GUEULER DANS LE COULOIR QUAND TA CLASSE SE DEPLACE, enfin bref mettre en place les règles élémentaires de l'élémentaire!


Et pour finir son message, il a pris la confiance au fur et à mesure de sa prose le gars, il se permet une petite remarque sur ma mauvaise gestion des temps de réunion dont "une meilleure utilisation serait déjà une solution" au problème de violence dans l'école. BEN T'AS QU'A DEJA PAS PIONCER LES YEUX OUVERTS PENDANT QU'ON DISCUTE, MON CON (véridique!),et puis quand je voudrai que tu me donnes ton avis sur ma façon de faire mon boulot ben je ne te ferai pas signe parce que ton avis je m'en bats l’œil. Je n'y crois pas! Le gars est une catastrophe, je voudrais même pas qu'il soit l'enseignant des enfants de personnes que je ne peux pas blairer, il est nul et sans aucun espoir d'une éventuelle évolution positive depuis 7 mois et, tranquille, il trouve que ce serait quand même mieux si on pouvait passer nos temps de réunion à lui régler ses problèmes de gestion de classe plutôt qu'à faire le point sur les questions communes à l'équipe.

Bon et bien je n'ai pas réussi à ne pas lui répondre. J'ai lutté pourtant, j'ai lutté je vous promets contre mon côté obscur mais j'ai failli. Je lui ai bien beurré le nombril à celui-là, il ne lui a rien manqué!

Commence sérieusement à me courir Kojak!

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Toute cette violence

Publié le 1 Avril 2018 par KRo

Vendredi midi, après une matinée bien remplie, réunion d'équipe qui se prolonge. Repas vite avalé. Je pars en réunion à la Mairie, je reviens vers 16h, je sais que j'ai 1000 trucs à faire à commencer par des rendez-vous pour des inscriptions. Bref, je me prépare à bosser un moment avant de pouvoir partir en weekend pascal et prolongé.

18h25, le téléphone sonne, je décroche parce que je pense que c'est peut-être une personne que je viens d'appeler qui me rappelle. Erreur!

C'est la mère d'Adam, un élève de ma classe. Un nombril sur pattes, élevé par des parents qui pensent que ce n'est pas du tout parce qu'il ne s'intéresse qu'à sa petite personne qu'Adam (qui par ailleurs n'a aucun problème de compréhension) est à la masse. Ils pensent sérieusement que le problème vient du fait que ma collègue et moi on ne s'y prend pas comme il faut. Ben oui, encore un pour lequel il SUFFIRAIT de lui mettre la main sur l'épaule quand on passe des consignes orales, qu'on les lui passe SIMPLEMENT à lui tout seul droit dans les yeux, qu'on le mette devant toute l'année et aussi qu'on fasse tout un tas d'autres trucs (ils nous ont tout de même fait passer deux feuilles A4 avec des recommandations en recto-verso, si, si, pas embarrassés les gars, 4 pages et pas écrites en arial 98 hein, mais en 10 ou 12, tout ce qu'il y a de plus classique), toute une liste de recommandations pédagogiques qu'il serait envisageable de mettre en place, si on voulait bien faire un petit effort quoi, c'est pas compliqué pourtant.

La dame donc m'appelle à 18h25, alors que ça fait déjà 2h que je devrais avoir fini de bosser et que je suis loin d'avoir fini, la veille d'un weekend de 3 jours pour me dire quoi qui ne puisse attendre?

- Mon fils est rentré hier avec un hématome et apparemment c'est Anisse qui l'a frappé pendant la récréation. Alors je voulais savoir ce que vous comptiez faire?

- (Donc tu m'appelles 24h plus tard, le caractère d'urgence me saute bien bien aux yeux là. Je propose la lapidation, ça me paraît bien, ou alors "Qu'on leur coupe la tête!" tiens, je me sens devenir la reine de cœur d'Alice au pays des merveilles.) Et bien je note ce que vous me dites et je me renseignerai.

- Il est traumatisé, il pleure là, il ne voulait même pas que je vous appelle. Il a peur.

- (Traumatisme avec 24h de retard ... ok) mais il a peur de quoi?

- Ben des représailles.

- (De qui exactement? Quand je vous dis qu'il n'est pas bête du tout ce môme, c'est peut-être pas d'Anisse qu'il a peur mais de moi s'il a menti et qu'il s'est empêtré dans ses mensonges jusqu'à laisser sa mère appeler). Mais il en a parlé à la maîtresse?

- Oui et elle lui a dit qu'elle allait voir avec Anisse. Et donc je voulais savoir ce que vous allez faire. Parce que dans le compte-rendu du conseil d'école vous avez été très vague sur les mesures mises en place pour gérer les enfants violents, alors je voudrais savoir si vous avez demandé des renforts à la mairie ou à l'académie pour surveiller la cour.

- (Ou à l'armée aussi, vous avez oublié l'armée), des renforts? mais on n'a pas besoin de renforts dans la cour. (Non, ce dont on a besoin c'est d'enseignants spécialisés, de psy, de services sociaux, de places en IME, en ITEP, en hôpital de jour, au CMPP ... je suis même prête à donner l'adresse de certaines familles à Super Nanny.)

- Ah mais vous êtes dans le déni alors!

- ??? Mais de quoi vous me parlez?

- Vous êtes dans le déni, c'est ça!

- (Mais c'est que tu me fais chier toi. Je suis occupée, j'ai encore des tonnes de choses à faire, on est vendredi soir, il n'y a aucune urgence et tu crois que par téléphone je vais comme ça, à toi, rendre des comptes sur mon boulot, sans compter que je ne peux déontologiquement pas dire plus que ce que j'ai déjà dit en conseil d'école et tu en as lu le procès verbal. Alors c'est quoi ton problème Colombo? Et de toutes les façons, qu'est-ce que tu me racontes là, EXACTEMENT, de quelle situation, de quels faits tu me parles?) Vous me parlez de quoi?

- Ah ben bravo, j'appelais pour rassurer mon fils et là vraiment... vous êtes totalement dans le déni!

- Mais vous me parlez de quoi?

- Mais de toute cette violence, il y a même eu un article dans le journal.

- (Ah là on est d'accord, tu ne sais pas de quoi tu parles, tu me parles de TOUTE cette violence, mais tu ne sais pas du tout de quoi il retourne, et oui parce que jusqu'à présent, on en a eu des problèmes dans cette école, mais ça t'a jamais gêné, mais là attention, TU AS LU un article, sonnez hautbois, résonnez trompettes!) Oui enfin madame, si vous croyez tout ce qui est écrit dans le journal ... (franchement, il y a eu un article concernant la violence dans notre école dans le journal local, tout pourri, rempli de contre-vérités voire même de mensonges. Que de la merde. Le journaliste, s'il avait bossé mieux, aurait pu faire un article intéressant mais non, il a rempli de l'espace avec du vent. Archi naze son article. Alors tout le monde sait que bon c'est pas Le Monde ou Médiapart mais quand ça les arrange, il est adéquat d'y faire référence sans s'être intéressé auparavant à la qualité de son contenu).

- Ecoutez, vous me parlez d'un coup que votre fils a pris en récréation, je vais me renseigner auprès de la maîtresse et puis on verra ça mardi. Si elle a dit à Adam qu'elle s'occupait d'Anisse c'est qu'elle l'a fait. (Vérifications faites après, Adam n'a rien signalé du tout à ma collègue, même pas qu'il avait pris un coup et avait l'air tout ce qu'il y a de plus tranquille en classe après la récréation de jeudi après-midi, donc le traumatisme sent déjà un peu le pâté quand même.) 

Je n'en reviens pas, mais à quoi pensent les gens? Un gamin a pris un coup en récréation, on est d'accord ce serait mieux que ça n'arrive pas, qu'il y ait des fleurs (sans épines) et du coton partout (des boules de cotons pastels comme il y avait dans la salle de bain de ma tante dans les années 80, ça me faisait rêver à l'époque), mais bon, sachant que les adultes cons étaient à 92,7% des enfants cons, c'est pas parce que j'aurai fait quadriller ma cour par 150 GI armés jusqu'aux dents qu'on empêchera un gosse de donner un coup de pied ou de poing à un autre. Même surentraînés, le gars aux aguets ne va pas se jeter entre la main de l'un et la tronche de l'autre. Non mais même Valls s'était fait gifler par un type, pourtant il était bien protégé. 

On a des emmerdes par dessus la tête, on vit des trucs inqualifiables mais les gens qui se manifestent autour soit font partie de notre hiérarchie et s'empressent de minimiser les choses et de les étouffer sous une tonne d'éléments de langage éculés ("ECULES!") soit ce sont des parents qui voient les choses par le tout petit bout de la lorgnette et croient vraiment que la solution passe par le fait de faire chier ceux qui, sur le terrain, font déjà tout ce qu'ils peuvent. J'ai bien peur que les choses n'aillent pas vers du mieux hélas, à moins que les masses silencieuses ne se soulèvent... je crois que je vais me laisser pousser la barbe et le béret moi.

 

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Peut-être marche-t-il sur l'eau?

Publié le 19 Mars 2018 par KRo

Une jeune collègue rentre dans mon bureau et me dit : "J'ai vu le maître G, il m'a vendu du rêve!", j'ai noté la phrase parce qu'elle m'a vraiment plue.

Le gars visiblement vient d'être décongelé. Il devait avoir été mis dans un congélateur par erreur ou par intention voire même peut-être était-il entré dans ce congélo de son plein gré mais en tous les cas, il réapparaît dans nos locaux après 6 mois d'absence mais agit comme si nous étions en septembre et non en mars. Etrange.

Le type tient des propos qui auraient pu, à la limite, être entendus en septembre, mais là ... Quand des situations urgentes de gamins lui ont été signalées dans les 15 premiers jours de classe, voire même en fin d'année scolaire dernière et que le type qui, en septembre, avait indiqué qu'elles étaient pour lui prioritaires, feint de les découvrir en mars, c'est qu'au moment de la décongélation quelqu'un s'est un peu impatienté devant le micro-ondes. Le résultat c'est que la barbaque qui reste est moitié froide et dure, moitié biscuite!

Ce qui est dingue, par ailleurs, c'est qu'apparemment, pendant son séjour au freezer il a également été touché par la grâce. Je ne sais pas, c'était un frigo divin a priori, avec des Ferrero rochers qui tombent du ciel quand on reçoit des amis sans doute. Toujours est-il que le gars arrive à dire sérieusement des trucs comme : "Des fois, rien qu'avec l'entretien, ça débloque des situations, parce que ce n'est pas rien, à la fin ils s'engagent". ALLELUIA. Le mec on lui parle de gamins pour lesquels on a de notre côté essayé plein d'adaptations, plusieurs sortes de contrats, eu des conversations à la pelle, des rendez-vous avec les parents et tout le toutim et lui insinue qu'avec une simple discussion, il va résoudre les problèmes. Il ne lui reste bientôt plus qu'à apposer les mains sur les gosses pour que l'ensemble de leurs difficultés disparaissent, c'est fascinant! Je suppose que, comme il l'a annoncé en début d'année, vu qu'il part à la retraite à la fin de cette année scolaire, il compte occuper son temps en devenant gourou de secte donc il s'entraîne. C'est pas gagné gagné à mon avis mais bon, il a déjà réussi à convaincre quelqu'un que c'était possible : lui.

Sinon, à une autre collègue qui lui disait qu'elle ne préférait pas qu'il intervienne auprès de 2 élèves pour lesquels la situation est très complexe (et clairement on n'a pas envie qu'il nous y foute encore plus la grouille), il a répondu que du coup il se mettait "en position d'attente". Sans déconner, on n'a pas vu ce mec pendant 6 mois et là, il lui répète plusieurs fois d'affilée en quelques minutes de conversation qu'il va se mettre activement en position d'attente. Eh oh attention hein, la position d'attente c'est pas n'importe quoi, c'est du boulot, ça le mobilise entièrement, comme un chien de chasse qui pointe du gibier, il ne peut rien faire d'autre, il est au max. Evidemment, c'est, de mon point de vue, ce qu'il semble faire de mieux mais enfin, de là à le revendiquer. C'est fort.

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