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makarotte.com

Ecole, rire et râleries.

Call center

Publié le 14 Février 2018 par KRo

17h45, le téléphone sonne.

- Ecole élémentaire.

- Allo, oui bonjour ça va? C'est madame Serfati, ça va bien?

- Mmmh. (Qu'est-ce qu'elle me veut encore celle-là, allez hop, j'en ai pour 10 minutes de voix trop forte dans le bigo, je la mets sur haut parleur et je pose le combiné.

- C'est parce que Mohamed il a vomi parce qu'il était pas bien parce qu'il a vomi 3 fois à l'école aujourd'hui, parce qu'il est malade parce que c'est comme ça il est pas bien, il vomit, parce qu'il est malade parce que je l'ai emmené chez le docteur, il est malade, il vomit.

- Mmmh (ça fait pas un peu beaucoup de parce que cette histoire là, non?).

- Il a vomi, il peut pas venir.

- Euh ? (Maintenant? Demain?)

- Parce qu'il est malade, il peut pas venir à l'orthophoniste.

- (Et donc, qu'est-ce que je dois comprendre? C'est censé m'intéresser comme information ça?) Vous êtes à l'école là.

- Aaaah pardon, pardon, ça va bien? C'est la directrice?

- Oui.

- Ouiii, ça va bien? Je t'avais pas reconnue, la directrice, ça va? Pardon hein pardon, c'est parce que c'est le même numéro!

- (Mais bon sang mais c'est bien sûr, c'est le même numéro!) Oui. Bonsoir.

J'ai ouvert un call center avec un numéro unique à présent. Si vous avez besoin d'un rendez-vous, orthophoniste, psychologue, pédicure, dépoileuse, blanchiment anal, n'hésitez plus appelez-moi!

 

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On va jouer à un test

Publié le 14 Février 2018 par KRo

Mme Coucoubleu indique à des parents dans le cahier de liaison de leur fils (pénible au quotidien) que ce dernier a cassé la règle de la classe. Le mot demande simplement aux parents d'en parler avec leur gamin pour qu'il comprenne le problème.

Les parents (pénibles à chaque intervention) ont répondu dans le cahier :

Nous avons bien expliqué à notre fils qu'il doit faire plus attention que ce soit avec ses affaires ou celles de l'école.
Il nous a dit que c'était une expérience qui a mal tournée. Il voulait vérifier la résistance de la règle.

Cette réponse-là est magique! Leur fils voulait vérifier la résistance de la règle ... Magique vous dis-je. J'hésite, ces gens nous prennent-ils pour des demeurés? Ces gens sont-ils sincèrement fiers que leur fils présente un appétit pour la physique de matériaux? Ces gens pensent-ils honnêtement avoir engendré un être supérieur? Si cet enfant chie au milieu de la table, ces gens se rengorgeront-ils en annonçant à tout le monde qu'il a bien mangé?

Mme Coucoubleu a écrit "vu", moi j'aurais bien testé la résistance de cet enfant à une bonne petite claque dans sa face, juste pour pouvoir soumettre à ses parents les résultats de mon test dans le cahier de liaison, mais bon ... il ne faut pas, ce ne serait pas bien et puis c'n'est pas sa faute à ce môme si ses parents sont à ce point crétins.

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Moi j'ai choisi

Publié le 11 Février 2018 par KRo

Peut-on s'accorder sur le fait que quand même, globalement, nous sommes cernés par les cons?

Alors certes, je suppose qu'on est tous le con de quelqu'un, comme l'a écrit Léo la semaine dernière dans son petit carnet de travail alors que je l'avais en pension en classe en l'absence de sa maîtresse de CP : DIRECTRICE/TU/ES/UNE/CONNE

Avec Alberta, ça nous a fait rire. On l'a grondé ensuite évidemment, mais quand on a découvert ça, on s'est marrées. En plus, certes il oublie les espaces entre les mots et du coup trace des grands traits entre, mais enfin soyons positifs, il fait preuve d'une bonne segmentation des mots dans la phrase et d'une orthographe irréprochable. Pour un CP, ça promet, quel que soit le domaine d'ailleurs.

Bref, les avis divergent mais en attendant, ça confirme quand même bien que nous sommes tous cernés.

Moi ces derniers temps j'ai fait la connaissance de plusieurs essences de cons. Par contre, je peux tout de même noter qu'en ce qui me concerne, j'attire tout de même souvent des espèces gueulardes.
Il est certain que lorsque cela fait déjà 5 ou 6 fois que la personne me répète les mêmes choses, que je lui ai répondu en long, en large et en travers mais qu'elle reprend en boucle parce que ma réponse ne lui convient pas (car non je ne vais pas leur promettre d'exterminer l'élève qui a tapé leur enfant, de le lapider au beau milieu de la cour puis d'exposer sa tête au bout d'une pique, ni, non plus, dans un autre registre, laisser le portail ouvert toute la journée pour faciliter l'accès à ceux qui arrivent "juste à l'heure mais on ne comprend pas c'était déjà fermé", ben oui parce que justement t'étais pas à l'heure en fait, c'est le principe), il est certain donc, qu'à un moment, j'ai tendance à leur faire comprendre que j'ai compris le concept de façon claire. Et ça, ça ne passe pas toujours, enfin même jamais. Mais je ne sais pas comment faire autrement. Moi mon modèle de diplomatie dans ces cas là, c'est Jean-Pierre Bacri, je ne sais pas dire merde aux gens avec un sourire à la Miss France, je n'ai pas ce don là, c'est comme ça. Je leur dis qu'ils commencent à être pénibles avec un langage oral et corporel qui dit ça aussi, hyper cohérente en fait, mais peut-être devrais-je enfiler vite fait un petit costume de carnaval brésilien et frétiller autour d'eux avec une plume dans l'arrière train pour leur rendre ce moment plus agréable? Mais comment ils font les autres?

L'autre jour, un type sonne après la fermeture du portail. Je lui dis de ramener son enfant à la récréation suivante. Il hurle qu'il ne peut pas faire ça mais dans l'heure qui suit arrive à laisser 3 messages sur le répondeur de l'école en gueulant qu'on ne le rappelle pas (ben oui, je suis en classe moi, je tiens pas le standard de SOS Amitié pendant que je fais cours) et à appeler à l'inspection pour se plaindre longuement et s'entendre répondre d'abord d'être à l'heure et ensuite que je n'ai pas le don d’ubiquité. J'ai tout de même rappelé à la récréation mais je suis tombée sur le répondeur. Et lui, trop occupé sans doute à gueuler au téléphone et à picoler (un coup de fil, un coup de gnôle), il n'a pas ramené sa fille mais en revanche, une heure plus tard encore, il était au portail pour venir avec son haleine alcoolique me faire tout un cirque, et me raconter en boucle un bobard énorme tout alambiqué qui pour lui justifiait clairement que c'était surtout ma faute s'il avait été en retard et qu'en plus il était inadmissible que je ne lui ouvre pas. Pour lui visiblement c'était clair comme de l'eau de roche, pour moi c'était plutôt flou comme une vodka tonic, au bout de 10 min de ce traitement avec lui qui gueule et regueule, je lui ai signifié que si le lendemain il arrivait à nouveau en retard je n'ouvrirai pas pour autant, il m'a répondu : "Big Lol ".
Lui, je pense qu'il ne va pas me classer dans la liste de ses meilleures copines, pour moi en tous les cas, il est entré dans la case des cons.

Et cette semaine, le mère et la grand-mère d'un élève qui se pointent un matin, demandent à me parler et, à la maîtresse qui dit que peut-être je ne serai pas disponible tout de suite, répondent : "Pour nous, elle va en trouver, du temps!". Ça commence pas bien ça, comme conversation? Après elles viennent me dire que je ne fais pas bien mon boulot, que les enfants ne sont pas protégés dans mon école, en boucle, en boucle, tout ça parce que la mère n'arrive pas à prendre sur elle suite à un problème survenu 2 semaines plus tôt. Il n'y a rien à faire de plus. Quand l'école a fait tout ce qu'elle peut faire, c'est pas parce qu'elles viennent gueuler que je vais pouvoir faire plus. Je ne suis ni la maire, ni la police, ni l'inspection, ni le rectorat, ni le ministre, ni le président. Mesdames plutôt que de gueuler sur moi qui dois aller chercher mes élèves parce que la sonnerie a retenti, qui vous reçois sans que nous ayons rendez-vous alors que j'ai plein d'autres choses à gérer le matin, utilisez vos cartes d'électrices. Il ne sert à rien de répéter "ce n'est pas suffisant" si je vous dis que le reste n'est pas de mon ressort. Alors les deux là, je les ai pressées de partir parce que j'avais mes élèves seuls en classe depuis 10 minutes, elles le savaient très bien mais que ça ne les gênaient pas du tout vu qu'il n'y avait pas leur rejeton dans le lot, elles ont trouvé normal de me répéter plusieurs fois la même chose en criant de plus en plus fort mais en revanche elles ont trouvé que je leur parlais un peu trop sèchement, elle n'est pas bonne celle-là! Et puis la maman, preuve que les cons ça ose tout, elle m'a hurlé : "Oui, ben entre enseignante et directrice, un jour, il va bien falloir choisir!".

Elle est belle celle-là!

C'est comme boire ou bien se conduire, si on me demande, "moi j'ai choisi, moi j'ai choisi!"

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Règles abondantes

Publié le 24 Janvier 2018 par KRo

Nous avons la chance d'avoir des intervenants en musique pendant la moitié de l'année dans notre école. C'est chouette!

Sauf que cette année, c'est une nouvelle musicienne qui intervient, le lundi, pour tous les CM1 et CM2 de notre école. Hélas, la nouveauté n'est pas toujours une bonne chose. La dame est enjouée certes, elle chante vraiment bien, elle est plutôt avenante MAIS, et il y a un grand mais, en plus d'être pas du tout organisée, elle est toujours en retard.

Elle a été absente aussi, de nombreuses fois, m'envoyant des mails pour prévenir généralement la veille de ses interventions, c'est à dire le dimanche si vous avez suivi jusqu'ici. Certaines de ses absences ont été dues à des formations qu'elle suivait, mais bizarrement, elle ne devait être convoquée qu'au dernier moment, je suppose. Plusieurs lundis, nous n'avons eu qu'à constater qu'elle n'était pas là donc (oui parce que je lis pas toujours les mails de boulot le dimanche surtout après 20h, des fois j'ai pas envie.)

Et les retards... les retards... elle est arrivée très souvent même avec 20 à 30 minutes de retard pour démarrer sa première intervention de 45 minutes avec les élèves. Bref, fait chier! Alors au retour des vacances, j'en ai touché quelques mots à sa chef. Elle a compris mon désarroi et partagé mon énervement. De toutes les façons, la fin de la première moitié de l'année approche donc je me suis dit que cette affaire n'était qu'une histoire de 2 ou 3 séances encore. Soyons donc zen. Respirons. Ouvrons nos chakras.

Et puis lundi, à 14h17, je mets mes élèves en ordre de bataille dans le couloir pour nous rendre à notre séance avec l'intervenante en musique prévue à 14h20. Taisez-vous, chut, taisez-vous. On se rend dans la salle. Personne. Allez, on a une minute d'avance, mettons deux, révisons ensemble les paroles de la dernière chanson apprise. Re-révisons. Essayons encore. Bon, attendez-moi là les enfants, vous pouvez discuter mais ne mettez pas le bazar je vous fais confiance, je vais voir s'il n'y a pas un message sur le répondeur. Pas de message de la dite intervenante, un message de la psy. Je profite de mon passage dans le bureau pour noter le téléphone du père d'une élève malade. Je retourne dans la salle. Allez, je suis désolée, on va retourner en classe. Chut, taisez-vous, je ne veux pas vous entendre quand on traverse les couloirs. On ressort un dessin qu'on avait commencé à faire le matin an anglais. Je bous. J'ai l’œil sur le portail d'entrée à travers mes fenêtres, certains élèves aussi, ils trépignent. Guette maîtresse, guette!

14h32 : Maîtresse! Elle est là!

Je lève la tête et la vois, téléphone à l'oreille, elle entre dans l'enceinte de l'école. Pendant qu'elle rejoint sa salle par un côté du bâtiment, de l'autre, rebelote, en rang dans le couloir, chut, taisez-vous, allez s'il vous plaît, je sais que c'est pénible, chut. On y va.
Pas un mot d'excuse. Au moment de la récré, elle a voulu les garder comme à chaque fois. Dès fois je laisse faire 5 minutes parce que les élèves n'ont pas été très sages mais là ... en plus je les voyais, eux, trouver que ça commençait à bien faire.

5 minutes plus tard, elle rentre dans la salle des maîtres et commence à m'adresser la parole. Alors j'ai dit non. Fin de non recevoir. Je lui ai clairement et peu aimablement dit que là, je n'étais pas d'humeur à lui parler (ce qui était un euphémisme pour dire, si tu t'adresses à moi maintenant, tu risques de décéder dans les prochaines secondes donc un conseil, cesse). Bizarrement, elle n'a pas compris au premier assaut que mon langage corporel (gueule de tueuse, yeux qui lancent des éclairs, corps qui flambe et voix qui tonne) n'avait rien de feint. J'étais en mode cocotte minute qui siffle. Au deuxième aboiement sur le thème "tes retards là, c'est pas possible!", elle a compris qui c'était Raoul et a tourné les talons : "Bon on parlera du spectacle plus tard alors."

Moi je me suis dit que en fin de semaine quand je serai au bureau et calmée, j'écrirai un mail.

Mardi matin, alors que j'écoutais les messages des parents indiquant la litanie des enfants malades, je décroche le téléphone. C'était elle. 

 - J'ai pas trop aimé la façon dont tu m'as parlé hier, surtout devant le collègue.

- Mmm (le collègue, il est courant que tu n'es pas fiable, ça n'a pas été une découverte).

- Oui parce que les absences, elles étaient prévues depuis le début .. et blabla et blabla

- Mmm (ah toi t'avais les dates déjà en septembre, intéressant), le problème ce sont tes retards.T'es trop souvent en retard.

- Je ne vois pas de quoi tu parles, en plus j'ai toujours prévenu.

- ??? Ggglups

- Et hier, j'étais là, j'étais dans les locaux, figure-toi que j'ai eu un problème de fille, j'ai dû aller aux toilettes parce que j'ai des règles abondantes et aussi ... bla bla bla

- ......................... !!!!! (Là ça m'a coupé le sifflet. La nana, elle ose me dire qu'elle était aux chiottes! Je l'ai vue de mes yeux vue se pointer à 14h32 et elle ose.
Donc si je résume, elle a été aux toilettes, au moins une bonne quinzaine de minutes, et vraiment manque de bol je suis passée devant les toilettes 3 fois pendant ce laps de temps et je ne l'ai pas vue en sortir, puis sachant qu'elle serai ou qu'elle était déjà en retard, elle n'a pas daigné passer une tête dans la salle pour s'excuser, dire qu'elle allait arriver, et elle s'est faufilée dehors, avec son blouson, son sac, son téléphone, elle est sortie pour aller jusqu'à sa voiture sans doute, dans laquelle évidemment, elle a des vêtements de rechange (comme moi avec ma paire de pompes en cas d'urgence de cassage intempestif de talon en pleine journée), et elle s'est changée avant de revenir. Elle ne se fout pas de ma gueule là? Tout le monde en est bien sûr?! Des règles abondantes donc!)

- Oui et pour le reste je ne sais pas de quoi tu parles, j'ai toujours prévenu et blabla et blabla...

- Bon de toutes les façons, tu as toujours une bonne raison.

- Oui!

Elle m'a séchée là. J'ai hésité entre éclater de rire et éclater tout court. Je lui ai dit que ce n'était pas le moment et j'ai raccroché.

Ça fait plus d'une journée et je suis encore énervée. 

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