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makarotte.com

Ecole, rire et râleries.

Sous l'emprise du chauffeur de bus

Publié le 3 Juin 2019 par KRo

Mme Monerot est partie ce matin en sortie, le temps était chagrin. Elle avait prévu de longue date un atelier pêche, dans un lac voisin, encadré par un spécialiste.

Mais Mme Monerot est une faible femme et elle n'a pas su faire face à l'épreuve qui l'attendait en montant dans le bus. En effet, le chauffeur lui a tout simplement fait part de façon très appuyée, de ses craintes suite à une analyse personnelle de la météo, et ni une ni deux, plutôt que d'appeler l'animateur pêche qui l'attendait et de se renseigner sur les possibilités d'abri autour du lac, de lui demander son avis sur les conditions météorologiques ou même de discuter d'une éventuelle annulation de l'atelier, elle a préféré redescendre du bus et rentrer à l'école.

WTF ???

Donc je résume, on a planté l'animateur pêche, il va falloir négocier avec la compagnie de bus pour ne pas payer le trajet puisqu'on a annulé au dernier moment, les élèves n'ont pas eu leur sortie et finalement au lac, il y avait une salle pour recevoir les groupes en cas d'averse, le lac était plein de poissons et il n'a finalement pas vraiment plu. Tout ça parce que le chauffeur de bus se prend pour un  gourou et que la maîtresse est ... (je ne trouve pas de mot gentil pour exprimer mon désarroi là). On n'est pas aidé, j'vous l'dis!

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J'l'ai bien carotté!

Publié le 2 Juin 2019 par KRo

Fletcher est un élève problématique, il est en ULIS dans notre école, mais, comme beaucoup d'autres, ne relève pas vraiment de ce dispositif. La psychologue scolaire dit même qu'elle a rarement mesuré un QI aussi bas ... ça laisse songeur. En tous les cas, Fletcher ne fait rien ou bien pas grand chose en classe de ce qu'on lui propose, il déchiquette ses feuilles et cahiers, tente parfois de les manger, et évidemment n'est pas vraiment simple à inclure en classe ordinaire. 

Ajoutez à cela le fait que ses parents, Johnny et Brenda, ont pensé qu'éduquer un gosse c'était le laisser faire exactement tout ce dont il a envie, vous obtenez un enfant capricieux et désormais obèse. 

Tout ça pour dire qu'on avait réussi à décider la mère à prendre un rendez-vous au CMPP, afin qu'il puisse avoir enfin des soins adaptés, et qu'elle avait fini par l'avoir ce rendez-vous (par chez nous c'est au moins 6 mois d'attente). Bien !!!!

Donc Fletcher y est allé et il a vu le psy. Aaaaaahhhh, quelque chose va peut-être enfin être mis en place pour que cet enfant de 9 ans ait une autre perspective de vie que de finir incrusté dans son canapé, échoué et suintant la crasse comme le gars qui représente le pêché "gluttony" dans Seven (et c'est pas le rôle de Brad Pitt!). J'y vais fort trouvez-vous? Mais c'est que vous n'êtes pas au courant du fait que Fletcher a tellement grossi qu'il ne peut plus désormais s'essuyer correctement quand il va aux toilettes et que, par conséquent, parfois, il pue la merde! Ah! Vous voyez bien que je n'exagère pas!

Et bien c'était sans compter sur l'espièglerie de l'intelligence humaine, présente même chez ceux qui sont arrivés en retard le jour de la distribution.

Figurez-vous qu'en sortant de son rendez-vous, Fletcher était très content de lui et a dit à sa mère : "J' l'ai bien carotté le psy, maman!". Cela s'est avéré vouloir dire que pendant le temps précieux que le psy lui avait accordé pour lui tout seul, il avait raconté n'importe quoi et en était vraiment ravi puisque ce que Fletcher préfère dans la vie (plus que de déchiqueter ses cahiers et se traîner par terre je veux dire), c'est tricher.

Bon ... ben là je crois qu'on peut définitivement s'accorder sur le fait que Fletcher est con. J'ai beau tourner et virer, je ne vois pas quel autre terme utiliser pour désigner ce genre de spécimen, je crois même qu'on doit là être en présence d'une forme basique du con, une huile essentielle de con en quelque sorte.

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Qui pue le plus pue le plus

Publié le 29 Avril 2019 par KRo

Journée de réunions, équipes éducatives, équipes de suivis, bref, beaucoup de temps passé autour d'une table à écouter et retranscrire ce que disent les parents, les enseignants, les soignants, les différents partenaires quoi. Utile souvent, pas toujours, mais surtout plutôt intense comme exercice, surtout quand il s'agit de taper en direct un compte-rendu synthétique des débats. Enfin, ça se fait, un peu comme de la traduction simultanée, ça t'use le cerveau mais rien d'héroïque ...

Alors des fois, on corse l'affaire.

Et voilà qu'aujourd'hui je me retrouve assise à côté d'un monsieur qui à 11h du matin avait choisi pastis comme eau de toilette. Toi t'es encore à peu près fraîche, tu navigues entre odeurs de déo et effluves de café et là, BAM! PASTAGA sur le retour. Mais le bon gros retour hein, le gars ne s'était pas enfilé qu'un petit pastis pour se donner du courage, il avait du s'envoyer la bouteille et puis après, quelques mentos menthe fraîche. Pouah, mais quel enfer! Il était sympa le gars sinon ... bon, il avait les dents noires (mais vraiment noires) sur toute la partie côté gencives et des traits marrons sur le reste des dents, son blanc de l’œil (oui je vous rappelle que j'étais assise juste à côté, alors j'ai eu le temps de l'observer de près) était jaunâtre et pas vif vif, on aurait dit une crème aux œufs, et il nous a fait la bougie d'ambiance pendant une heure mais sinon, il était pas désagréable hein, c'est déjà ça!

Enfin bref, après on a aéré la salle parce que l'odeur, bien plus lourde que l'air, stagnait et c'était horrible.

Et puis l'après-midi on a remis ça, avec Mme Lagerbe (de l'article "Puer peut tuer"). Comme une directrice avertie en vaut bien 2, cette fois j'avais pris mes précautions, j'avais laissé de la place entre elle et moi. Mais bon, il commençait à faire un peu chaud, même moi j'avais enlevé mon pull, mais elle non, elle avait son gros pull, sa barbe (si, si, à ce niveau là on ne peut plus parler de duvet quand même) et sa chevelure de Smeagol en pleine mutation. Il a fallu que j'ouvre la fenêtre et fasse signe à des élèves, encore rangés dans la cour après la sonnerie de fin de récré, de rentrer instamment en classe, pour qu'on puisse respirer et s'entendre parler sans avoir à choisir. Enfin, respirer c'est un grand mot, moi personnellement, j'ai juste tenté de survivre en filtrant l'air qui rentrait dans mes narines à travers les doigts d'une main habilement placée sur ma bouche façon réflexion intense (heureusement que pendant cette réunion là, ce n'était pas moi qui m'occupait du compte-rendu, je serai sans doute décédée sinon). Je pense que Mme Lagerbe n'a toujours pas pris de douche depuis la dernière fois que je l'ai vue il y a près de 2 ans. Je ne comprends pas, il y a les services sociaux sur le coup pour le gamin dans cette histoire et personne ne peut toucher un mot à la maman au sujet de l'hygiène? 

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Elle vous a fait des petits sablés

Publié le 28 Avril 2019 par KRo

Un peu avant 8h30 j'arrive à l'école, à cette heure là, il y a toujours 2 ou 3 gamins qui attendent déjà, parfois accompagnés de leurs parents, ce matin, il y a entre autres Chérifa et sa mère qui s'avance vers moi : 

- Ah bonjour, vous voilà, je croyais que vous commenciez à 7h et demie alors je vous attendais, j'ai sonné mais ...

- Bonjour ... (à 7h30, je suis en culotte dans ma salle de bain à m'obliger à fermer la bouche pendant que j'applique mon mascara, parce qu'il ne sera pas dit que je laisserai mon corps me dicter sa loi, enfin bref, à 7h30, je ne suis pas du tout prête à travailler) j'ai une vie quand même...

Visiblement, la mère et sa fille, comme une partie des parents d'élèves, pensent que je vis à l'école, que j'y mange et j'y dors (enfin que d'un œil hein, pour être toujours prête, à croire que diriger une école c'est bosser dans un service d'urgence de nuit) et que j'y travaille sans interruption de 7h30 à 18h30 tous les jours même le dimanche puisque "J'ai sonné et vous n'avez pas répondu" ou "Je vous ai envoyé un email (hier à 20h37) et vous ne m'avez toujours pas répondu" ou "Je vous rappelle (8h35) parce que j'étais pas sûre que vous ayez eu mon message (laissé à 5h27 après le dernier vomi du rejeton), vu que vous ne m'avez pas rappelée" sont des réflexions assez habituelles.

Au début je crois qu'elle veut me parler de notre future sortie en vélo, alors je suis toute ouïe bien que pas encore caféinée. 

Mais non, elle se lance dans une logorrhée sur les malheurs de sa fille et de son fils. J'aurais pu faire face à ça, même si ce n'était pas l'heure, mais je n'ai pas pu me taire quand elle a commencé à mélanger la réalité et, comme dirait Trump, la réalité alternative. NON! Ça c'est non, alors je le lui ai dit qu'elle disait n'importe quoi, mais elle a continué, en boucle, et oui pourtant j'en ai de l'expérience en ce domaine mais je ne sais pas, je pense que quelque part une partie de moi veut continuer à croire qu'un jour mon interlocuteur me dira : "Ah oui, d'accord, vous avez compris ce que je voulais vous dire, je m'en vais alors." Donc ça a duré un petit moment, je dirais dix à quinze minutes, des collègues sont venues à ma rescousse, la dame a continué à gueuler et à raconter des mensonges parsemés de petits grains de vérité, c'était très fatigant et puis dans tout ça, elle a gueulé : "Mais ma fille vous adore vous savez, elle vous a même fait des petits sablés!"

Hein? Des petits sablés? Mais qu'est-ce que c'est que ces conneries?

Et puis au bout de ces longues, longues minutes, après avoir gueulé qu'elle ne voulait pas parler de ça devant tout le monde (oui et bien dans ces cas là, tu me tends pas un traquenard devant le portail à 8h30, tu prends rendez-vous, ça paraît être un bon début), elle a fini par un beaucoup plus calme "Merci madame, et je vous souhaite une bonne journée!"

Une bonne journée? Et bien merci madame, effectivement, elle ne pouvait pas mieux commencer. Se faire engueuler pendant un quart d'heure par une hystérique alter-véridiste c'est quand même le mieux qu'on puisse espérer pour se mettre en train le matin, bien moins efficace sans doute qu'une défécographie publique mais bon, une autre fois peut-être...

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