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makarotte.com

Les boursouflés du nombril

Publié le 13 Octobre 2016 par KRo

Comment les gens peuvent-ils, à un moment dans leurs petites têtes soi-disant bien faites, penser que je vais être dans de bonnes dispositions pour les écouter se lamenter sur leur saloperie de nombril quand ils m'obligent à les écouter?

Ce matin, je sors dans la cour pour parler à une collègue, je la vois détaler, non pas pour m'éviter comme Mme Cédepé aime à le faire quand elle m'aperçoit, mais parce qu'une bonne petite baston vient d'éclater et qu'un gosse de CM1 est au sol. Je choppe 6 premiers protagonistes de la bande des Sharks (me gardant les Jets pour la deuxième couche), hop bureau, explications, mot dans les cahiers des 2 qui ont porté les coups histoire d'informer les parents que leur progéniture commence à nous les briser vu que ces 2 là, cette semaine, ce n'est pas la première fois qu'ils sont violents.

Vers 16h40, une collègue qui sortait me dit que la maman d'un des deux est au portail et veut me voir, je lui fais dire qu'elle prenne rendez-vous : 1) Je sors à l'instant d'un rendez-vous houleux avec le père de Nassim le roi de l'étron en pâte à modeler et j'ai bien cru qu'à un moment il allait coller une baffe à la maîtresse Mme Cédepé. 2) C'est bon, pour me dire que son chéri n'y est pour rien, y'a pas le feu au lac et on n'est pas obligé de faire ça sur mon temps personnel.

Vers 17h20, je ferme, le jeudi le cours de sport est tôt, il faut que je parte, je suis à la bourre, le téléphone sonne, je réponds, bêtement. La bonne femme est de nouveau là mais cette fois-ci avec son mari qui me dit : " On est devant le portail, on voudrait vous voir."

"Oui, je sais, votre femme est venue tout à l'heure et je lui ai fait dire de prendre rendez-vous."

"Non mais on n'a pas besoin de rendez-vous on pourrait en parler maintenant...
(Ben oui connard, on peut en parler quand tu en ressens le besoin, je n'ai pas de vie moi, je dors dans l'école, je vis dans l'école et quand on me sonne j'accoure. Toi t'as pas besoin de rendez-vous mais moi si, ça m'arrange. Tu saisis le concept de l'autre, the other, la personne qui appartient au pays en face de ton nombril, monde mystérieux et inexploré.)

... parce qu'on pense que ce n'est pas la peine qu'on se lance dans de grands échanges épistolaires non plus, ce sera plus simple comme ça, ...
(Ben non, si tu écris, ça te fait chier toi, si tu viens me parler maintenant, ça m'empêche de poursuivre le cours de mon existence, moi je vois bien la différence.)

... donc on voudrait vous voir, ça ne vous dérange pas?"

"Si ça me dérange justement, c'est ce que je vous dis, mais bon, je vous ouvre ... (parce que je suis obligée, de toutes les façons pour sortir il va falloir que je te passe devant et tu vas me faire chier sur le parking alors autant me faire chier dans mon bureau, on est au chaud)."

Je vais ouvrir. Je tends la main. Le gars me la tend en me disant : "On se serre la main ou pas?"

"Ecoutez monsieur, si là vous ne me serrez pas la main, vous pouvez ressortir tout de suite." 

"Non mais c'est parce que vous n'aviez pas l'air très ..."

(Punaise mais qu'est-ce que tu ne comprends pas? Je n'ai pas envie de te parler maintenant, j'ai eu une journée de merde, je viens de te dire que j'étais en train de partir, tu me fais louper mon cours de sport, tu m'obliges à te parler sur mon temps perso puisqu'on est plus ni sur le temps scolaire ni sur un temps de rendez-vous pour lequel je suis payée en plus du temps scolaire, je te reçois donc gratuitement alors que j'ai beaucoup beaucoup mieux à faire et tu ne comprends pas pourquoi je n'ai pas envie d'être aimable. T'es con ou bien?)

Et voilà j'ai passé 15 minutes à les écouter me dire :
- qu'ils avaient l'impression que je stigmatisais leur fils et qu'il ne fallait pas faire ça,
- que y'avait pas que lui le matin pendant la bagarre,
- que l'autre du même groupe qui avait pris un mot, ils le connaissaient ça les étonnait vraiment qu'il ait pu donner un coup lui aussi,
- que y'avait un problème de surveillance dans la cour et que de toutes les façons comment je pouvais punir alors que je n'avais rien vu,
- que pour leur fils, pousser c'était comme donner un coup donc c'est pour ça qu'il avait avoué,
- que y'en avait d'autres dans le groupe qui avaient tapé mais qu'avaient rien dit et leur fils il ne l'avait pas dit non plus que c'était eux parce que c'est pas une balance,
- et que croyez bien qu'à la maison il est puni de tout à part de respirer et de manger, c'est vous dire s'ils font tout bien.

Ah clairement, ça valait le coup qu'ils me fassent chier ces deux là, vraiment madame vous avez eu raison de vouloir me forcer la main en revenant avec votre mari parce que je suis quelqu'un qui se laisse vraiment facilement impressionner par les maris d'une part et d'autre part, je n'avais jusque là eu que le plaisir de l'avoir par mot ou par téléphone interposés et c'est vrai que lorsque votre fils en CE1 avait traité sa maîtresse de "Sale pute" et que pour le punir il avait passé le restant de la semaine dans une autre classe avec son travail à faire, votre mari m'avait drôlement impressionné quand il m'avait appelé pour me dire que quand même c'était un peu excessif comme sanction parce qu' il allait louper le goûter de Noël avec sa classe. C'est vrai que j'avais bien mesuré qu'en terme éducatif le "Sale pute" ne faisait, pour vous, pas le poids face à 3 bonbons et 2 parts de gâteaux à 15h30 la veille des vacances.

Donc là, je vous ai bien écouté, vraiment là, j'étais dans le meilleur état d'esprit dans lequel vous pouviez me trouver pour me sortir toutes vos conneries, c'est tactiquement extrêmement bien joué de votre part, j'espère seulement que vous ne bossez pas dans la diplomatie ou sur un grand plan de réconciliation entre les peuples parce que sinon on n'est pas dans la merde, PARCE QUE VOUS ETES NULS!

Ça,ça ..., c'est ça qui m'a rendue dingue.

Le reste je m'en battais le coquillard avec une pelle à gâteau, de toutes les façons j'aurais été forcée de me taper leur conneries en rendez-vous mais le moment choisi, tant d’imbécillité et de narcissisme, ça m'a fait dégoupiller. 

Non parce que pour le reste :  
- il qu'à pas faire des conneries à répétition votre fils, comme bousculer la maîtresse en classe mardi dernier et se bagarrer le jeudi,
- qu'est-ce que ça peut vous foutre qu'il y en ait eu d'autres des gosses, violence en réunion ça vous parle ça ou pas comme circonstance aggravante, abrutis,
- l'autre qui a pris un mot, il a collé un coup de poing à un gosse la semaine dernière et il a écrit "Tu vas mourir" sur un papier à une gamine de ma classe en début de semaine, alors tu le connais, ok, mais je ne vois pas le rapport,
- ça c'est passé devant les yeux de la collègue de surveillance je vous dis, et moi personnellement je n'ai pas besoin de flagrant délit pour juger, je sais aussi mener mes petites enquêtes, confronter et entendre les témoins, faire la part des choses, c'est fou ce dont je suis capable, impressionnés non?
- votre fils, il a tapé, il a tapé un point c'est tout, c'est si compliqué de lui dire que ce n'est pas bien plutôt que de minimiser tout le temps ses conneries? Ah mais il me tarde l'adolescence parce que moi je sais que vous allez en chier grave et ce sera vraiment bien fait pour vos gueules,
- votre fils n'est pas une balance? "Mais on est où là madame, en prison?", faites attention, on ne sait jamais, il se peut que j'aie fabriqué une arme avec la petite cuillère dont je me sers pour manger mon yaourt,
- et si "le punir de tout" n'était pas la solution, et si aller voir un putain de psy se révélait être une vraie bonne idée qu'elle est bonne, vous n'avez pas remarqué que là vous n'arrivez à rien depuis déjà plusieurs années?

C'est pas moi qui le stigmatise votre fils, c'est vous qui l'élevez comme des abrutis! Ça vous fera 80 euros, et la maison n'accepte pas les chèques! Merde à la fin, merde!

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Bob l'éponge, ce sociopathe

Publié le 12 Octobre 2016 par KRo

Bob l'éponge est affublé d'une coiffure qui montre à quel point ses parents ne l'aiment pas. Il porte sur la tête une sorte d'éponge gratounette qui aurait beaucoup beaucoup servi. Là, au sommet de son crâne plus ou moins rasé, il arbore une gratounette modèle classique, rectangulaire, mais défoncée.

C'est quand même pas banal.

Mais ce qui l'est encore moins c'est que ce gamin de CE1 ne peut s'empêcher de faire des doigts d'honneur à tout vent ou de proposer, entre autres grossièretés, à tout le monde d'aller niquer plein de gens qui n'ont rien demandé à personne.

Bon et bien hier matin, pendant la récréation, une maman baladant son bébé s'est approchée du grillage de la cour pensant peut-être observer là un moment délicieux de souvenirs d'enfance et bien elle n'a pas dû être déçue du voyage parce que Bob le sociopathe lui a dit comme ça froidement : "Il fait chier ton bébé!"

Alors on a rit et puis après j'ai cherché le numéro de l'exorciste le plus proche.

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Gustavo

Publié le 12 Octobre 2016 par KRo

Bienvenue dans notre surréalité!

Avec Alberta-Tomba-La-Bomba, on se démarre la journée par un rendez-vous avec la maman de Gustavo, celle qui peut se permettre de nous mépriser parce qu'elle, elle travaille jour et nuit, sans relâche, dans un truc genre bowling ou karting ou paintball enfin bref dans un lieu dans lequel le droit du travail ne s'applique pas puisqu'elle n'a pas de temps à nous accorder car pas de jour de congé pour récupérer ses weekends travaillés. J'aimerais quand même bien voir la gueule des gars qui vont faire du paintball à 9h du mat le mardi matin! "Bonjour à tous les gars du club-des-branleurs-qu'ont-40-euros-à-dépenser-tous-les-mardis-matins-entre-9h10-et-10h40, je tiens à vous remercier d'être là et avant d'y aller je voudrais vous signaler qu'un nouveau club vient de voir le jour, le club-gars-qui-ont-toujours-rien-à-foutre-le-jeudi-matin-de-10h45-à-12h15-et-qui-ne-savent-toujours-pas-quoi-faire-avec-leurs-sous donc si ça vous branche, n'hésitez pas à vous inscrire, allez go!"

Nous sommes réunies là pour lui faire comprendre que son fils, autiste diagnostiqué, semble avoir besoin de soins pour l'aider à progresser, d'attention de la part de ses parents pour se sentir mieux et de moins d'heures d'école qui lui pèsent. Comment en est-on arrivés là? Peut-être parce que Gustavo fait chier toute la journée? Peut-être parce qu'il tape les autres tous les jours, pendant chaque récréation ou temps d'accueil? Peut-être parce qu'il insulte les autres tous les jours? Peut-être parce qu'il tape son AVS? Peut-être parce qu'il est capable de menacer un enseignant en disant qu'il va le "défoncer" de haut de ses 7 ans et de ses deux allumettes cassées qui lui servent de jambes? Peut-être parce qu'il regarde les adultes qui le réprimandent en faisant des grimaces qui disent "Va te faire foutre!"? Peut-être parce qu'il dit que ses parents ne s'occupent pas de lui? Peut-être parce que quand je lui parle du rendez-vous prévu avec sa maman, il me répond "Tu crois qu'elle a que ça à foutre de venir à l'école?" Peut-être parce qu'il ne fait rien qui ne s'approche de près ou de loin d'apprentissages scolaires pendant tout ce long long long temps qu'il passe en classe? Le questionnement est vaste.

Mais heureusement la mère a des réponses.

Des soins? Mais vous n'en savez rien (bande de connasses) car il en a plein. 1h de psychomotricité par semaine (royal!) et un suivi psy!

Ah? un suivi psy? Depuis quand?

Depuis jeudi dernier?! Euh ... à partir de combien de séances appelle-t-on un rendez-vous chez le psy, un suivi?

Gustavo est spécial, il ne doit pas aller dans un groupe avec d'autres enfants parce qu'il n'existe que des lieux de soins avec des groupes d'enfants ayant des pathologie très lourdes.

Ah?!

Mais les prises en charges individuelles ce n'est pas bon pour lui non plus.

Ah?! Punaise c'est drôlement enquiquinant cette double incompatibilité.

Elle a la solution, elle a choisi de le mettre dans des groupes, le weekend, pour qu'il apprenne à se comporter correctement socialement, à dire bonjour tout ça.

Ah? Merde, manque de bol, des personnels soignants qui ne bossent exclusivement que le weekend. On n'a pas de bol nous dans notre coin de France. Punaise, je comprends tout, c'est les gars du club de 9h10, c'est pour ça qu'ils sont dispo pour le paintball le mardi! Tout se tient, tout se tient, c'est très clair. En plus c'est cool, il apprendra à dire bonjour sans doute avec des gamins dont la pathologie se soigne aussi le weekend, ma foi c'est parfait (-ement invérifiable) : "Good morning, good morning to you."

Bon et les devoirs alors? Non parce que le matin en classe il est un peu moins explosé que l'après-midi, donc peut-être que s'il y avait un peu de révision à la maison, d'intérêt (même factice hein, on est mamans nous aussi, on le sait que les devoirs c'est pénible à gérer) de sollicitude, de curiosité pour ce qui est fait en classe, pour lui, pour son travail, ce serait bien, ça pourrait l'aider à s'intégrer, ça le rassurerait, ça pourrait même l'aider à progresser vu qu'il est loin d'être bête.

Non.

Non?

Non, les devoirs je les lui présente, j'ouvre tout mais il ne veut pas les faire.

Et?

Non, non, pas en semaine.

Ah?

Non, le weekend, on prend des livres à lui, on lit des mots sur les boîtes de pâtes...

Euh ... ok tu fais ta vie c'est bien mais on s'en fout en fait, et sinon les devoirs? Les trucs là, tous les soirs? Les qu'est-ce que t'as fait aujourd'hui? Les ok voyons voir ce que tu as retenu de ta journée? Les dis donc c'est pas mal ce que tu fais allez dépêche-toi on passe à la suite? Les tu commences à me faire suer, je suis crevée alors maintenant tu te magnes parce que j'aimerais bien qu'on passe à table?

Non, non.

Non, non?

Non, non, ça c'est votre travail. Moi je fais comme toutes les mamans du monde, je lis comme ça des mots sur les boîtes de pâtes.

Mais c'est qu'elle commence à nous gonfler avec ses boîtes de pâtes celle-là. Et sinon c'est pas mal ton truc là dis donc, tu nous fais chier pour que ton gamin soit un gamin comme les autres mais tu ne veux pas ne serait-ce que chercher un moyen de lui faire faire ses devoirs? Déjà que visiblement tu ne veux pas non plus lui imposer de porter autre chose qu'une doudoune et un mini short qu'il fasse 40 degrés ou - 6. Es-tu vraiment certaine de ne pas être sur l'autoroute de la marginalisation bordées de ses aires de la souffrance et de leurs toilettes pour encoprétiques?

Pour s'achever on a terminé la réunion sur tout ce qu'elle pouvait nous reprocher de ne pas faire à sa place, on lui a juste rappelé que c'était le sien de gosse et que nous on était l'école, pas les services sociaux, pas les services de soins, pas SOS amitié, pas une conciergerie de luxe, pas une garderie, pas un centre éducatif fermé, pas un hôpital de jour, juste modestement une école.

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Chaussettes et pistache sont dans un bateau

Publié le 12 Octobre 2016 par KRo

La maîtresse lui a dit dans le vestiaire de la piscine que s'il continuait à s'agiter en slip, il n'aurait pas le temps de s'habiller.

La maîtresse lui a dit dans le vestiaire de la piscine : "Maintenant ça suffit, on va être en retard, tu n'as qu'à mettre tes chaussures sans tes chaussettes et on verra à l'école!"

Manque de bol, arrivés à l'école, c'était l'heure de la sortie.

A la maison, sa maman lui a demandé pourquoi il ne portait pas ses chaussettes.

A la maison, le petit (qui nous pose question depuis déjà 3 ans mais visiblement c'est trop compliqué pour les parents de prendre sur eux et de lui permettre de voir un psy ce qui lui ferait le plus grand bien) a répondu : "C'est parce que la maîtresse ne m'a pas attendu, le bus est parti et j'ai couru derrière et puis après il s'est arrêté et je suis monté."

A la maison, le père l'a cru et a bondi.

Je ne sais pas moi, je ne sais plus ...

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