Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
makarotte.com

La référente de scolarité

Publié le 24 Septembre 2017 par KRo

La référente de scolarité? mais qu'est-ce c'est doudou dis donc?

Un weekend, au petit déj, je racontais ma réunion de la veille à mon mari quand il m'a posé cette question (enfin non, il m'a dit "Ça sert à quoi?" et, bien qu'il soit barbu, il n'était pas du tout affublé d'une chemise à fleurs comme le regretté Carlos, le chanteur, pas le terroriste, le terroriste il ne donnait pas du tout envie de se mettre à jouer des maracas avec un bandana dans les cheveux, bon le chanteur non plus me direz-vous, mais enfin bref, vous avez compris auquel je faisais allusion).
J'avoue qu'en essayant de lui répondre, je me suis rendue compte qu'au delà de ce que je pense personnellement (oui voyez-vous je me méfie de moi-même), cette fonction n'a pas grand intérêt.

Normalement, l'enseignant référent de scolarité s'occupe de tous les enfants scolarisés avec un handicap reconnu dans son secteur. Ah c'est bien ça, ça signifie qu'il/elle les rencontre, les connaît, les suit pendant toute leur scolarité, rencontre leurs parents, les aide avec la paperasse ou au moins en leur indiquant les actes à accomplir pour bien préparer leurs dossiers pour la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées), répond à leurs questions, leurs inquiétudes, suit l'avancée des dossiers, fait le lien avec les enseignants et le cas échéant, les différentes écoles.

Et bien NON, PAS DU TOUT! C'est une personne qui rassemble les dossiers des enfants handicapés scolarisés dans les écoles et collèges classiques et qui, une fois par an, organise une réunion avec le personnel de l'éducation nationale (enseignant, directeur, des fois psy et des fois médecin), le personnel de soin et les parents et en note le compte-rendu. 

Voilà c'est tout! Elle ne voit JAMAIS les enfants, ne connaît pas les problématiques familiales, ne répond jamais au téléphone et rarement aux messages laissés ou emailés, ni même ne lit les réponses aux questions qu'elle envoie par email, ne sait pas présenter les différentes structures adaptées ou structure de soins existantes ni expliquer les différences entre elles. Elle ne sait jamais où en sont les dossiers non plus ou alors après qu'on a obtenu l'info par ailleurs.

Depuis que je suis directrice, j'ai travaillé avec une version vieille peau revêche de la référente de scolarité, qui en plus était désagréable avec les parents des élèves handicapés. Et depuis 2 ou 3 ans, j'ai à faire à une gentille mais molle, molle, molle à mourir. Tension au max à -6 et sous tranquillisant, j'imagine. Quand je la vois, j'aimerais que l'école soit équipée d'un défibrillateur, juste pour pouvoir hurler "On dégage!" et lui sauter dessus avec les 2 palettes à la façon du docteur Carter : "Chargez à 200! Non allez Dr Benton, mettez-lui du 375! On dégage!". Une réunion avec elle, c'est l'enfer : elle passe son temps à dire "hum" souvent, très souvent, trop souvent et à répéter une partie des phrases dites, en général les dernières de chaque échange, en prenant un air entendu, mou mais entendu. Parfois aussi elle relit à voix haute les docs écrits par les enseignants de l'année précédente alors qu'on les a sous les yeux, c'est long, inutile vu qu'on sait tous à peu près lire, et chiant. Et puis elle se note des trucs à faire, des gens à contacter tout ça, et on a jamais de retour ... mystère et pastille de menthe.

Bref, jusqu'à ce que je rencontre un enseignant référent de scolarité qui me fera changer d'avis peut-être, je continuerai de penser que c'est un poste qui ne sert à rien. Un bon directeur avec une équipe administrative ferait bien mieux le job, plus efficacement et plus humainement. Et c'est justement pour cela que ça n'arrivera pas. On nage en pleine hypocrisie, on crée des postes qui ont l'air de faire avancer le schmilblick, on se congratule, on est fier de son ministère, on se rengorge, on pavane, on les agite à la tête du corps enseignant et dans les faits, ces postes ne facilitent pas du tout l'accès à la scolarisation pour tous, au contraire même, puisqu'on est obligé de passer par eux, les poids morts. Comme ça, moins de demandes adaptées, moins qui aboutissent et par conséquent pas besoin de développer davantage les soins ni l'enseignement adapté ni même le nombre d'AVS correctement recrutés et formés. C'est moche hein, mais c'est la réalité!

Lire la suite

Vol au dessus d'un nid de coucou

Publié le 24 Septembre 2017 par KRo

On a ouvert une ULIS cette année. Normalement on est censés y accueillir des enfants dont les possibilités intellectuelles handicapent leur scolarité, donc ils viennent à l'école normalement mais ils bénéficient d'une classe avec maximum 12 élèves en même temps et d'un programme d'apprentissage adapté. Et pour les disciplines qu'ils peuvent suivre à peu près normalement ils vont avec les élèves de leur niveau. C'est chouette non?!

C'est chouette oui mais bon ça c'est sur le papier, car dans la réalité, la moitié de l'effectif de cette ULIS relève bien de ce dispositif et les autres ont des handicaps qui vont du lourd au très très lourd. Mais alors que font-ils là ma bonne dame? Et bien c'est simple, il n'y a pas assez de places en institutions spécialisées, à l'hôpital de jour, à l'IME (Institut Médico-Educatif), pas assez d'argent mis par l'Etat pour en créer, je suppose. En revanche, comme l'Etat a décrété en 2005 que l'école devait accueillir tous les élèves même handicapés et bien on les case où on peut : dans les classes classiques avec un(e) AVS ou plutôt avec une notification donnant le droit à un accompagnement par un(e) AVS mais pas forcément avec la personne capable de faire le boulot ou alors, au bout d'un certain temps parce qu'on manque de place aussi, on les colle en ULIS.

Et là c'est l'horreur. On mélange des gamins en grosse difficultés scolaires qui certes peuvent avoir besoin d'un peu d'orthophonie ou de psychomotricité voire même d'un peu de psy avec des gamins qui ont besoin de soins médicaux et psychiatriques. J'ai mal au cœur pour eux. Les premiers doivent quand même avoir l'affreuse impression qu'on les a posés dans la poubelle jaune du recyclage, non loin de la poubelle. Et les autres sont en souffrance, ils doivent vraiment se demander pourquoi, mais pourquoi on ne les comprend pas, pourquoi on ne les aide pas comme il faut, pourquoi ils sont si mal.

L'enseignante, Coline, a l'air vraiment super, mais bon, c'est comme être enseignante dans l'hôpital de "Vol au dessus d'un nid de coucou", c'est hallucinant!
Moi l'autre jour, j'essayais d'en raisonner un qui tenait absolument à se taper le front sur la vitre, le mur, la porte ou avec son poing et autour de moi je me suis retrouvée avec Zoé qui faisait une sorte de crise nerf d'ado gueulant "Mais merde, mais arrête de faire ça quoi, putain!", Ronan qui nous matait avec un sourire en coin et un petit rire pervers, 2 ou 3 autres en cercle assez inquiets et Mélia qui est venue me scruter en avançant son visage à 5 cm de ma joue droite. Au secours! Franchement, on est ni formés ni équipés pour ça.

Enfin, petite cerise sur le sunday, vendredi j'avais un message de la conseillère pédagogique sur le répondeur qui nous disait que l'inspecteur avait bien pris en considération le cas de Yunus qu'il avait fait en sorte que cet enfant ait le plus vite possible une place dans un IME ou je ne sais où mais que "dans l'intervalle", il fallait qu'on arrête d'envoyer des mails ou d'appeler à ce sujet. J'étais sur le cul, tellement sur le cul que j'ai fait écouter le message à Coline et à la psy scolaire. Je trouve ça énorme. Le gosse a 8 ans, il ne parle pas mais pousse des cris, il mord, il fait des crises pour lesquelles il faut être 3 adultes pour le maîtriser mais comme l'inspecteur a fait des démarches, nous il va falloir qu'on subisse cela pendant 3 à 36 mois (c'est ça l'intervalle en vrai 3 à 36 mois, pas 1 ou 2 heures) mais en silence. Si on pouvait arrêter de se plaindre et ne pas les abreuver de comptes-rendus répétés relatant l'urgence de la situation ce serait quand même bien urbain! 

Lire la suite

Comme on se retrouve

Publié le 2 Septembre 2017 par KRo

Il a bien fallu y retourner. 

Un premier passage d'abord en touriste, 3h de rangement de classe et de bureau suite aux travaux de l'été, bien assez pour constater que par 30° le déo sans sels d'aluminium c'est pas forcément ton meilleur allié pour te faire des amis. Ensuite j'ai bossé depuis la maison.

Et puis voilà, le lendemain on était jeudi, à 6h30 du mat' quelqu'un de pas bourré du tout malgré l'heure très tardive de la soirée m'a parlé trop fort dans l'oreille en me mettant une lumière en pleine poire. Mon réveil. Il a fallu que je me lève. J'ai tout bien fait dans l'ordre et là, au moment de m'habiller j'entends quelqu'un de mal intentionné me dire qu'on a perdu 10 degrés je ne sais où en France et qu'on est partout dans les températures du mois d'octobre. Vlan, octobre! Me voilà à poil devant mon dressing en panique. J'avais pas prévu octobre moi, hein, pas du tout prête pour octobre, j'voulais mettre une petite robe légère et du déo qui donne le cancer et pas du tout essayer de m'introduire à coup de chausse pied dans un pantalon qui était censé attendre octobre que j'ai perdu mes kilos chaleureusement acquis autour de l'apéro! Merde.

J'ai finalement opté pour la djellaba d'hiver, qui allie aisance et confort thermique, non pas du tout, j'ai enfilé un truc, je suis montée sur mes hauts talons (oh punaise, mais je cours derrière des mômes avec ça d'habitude?) et moi et mon fessier sommes partis bosser.

 

On a sonné au portail, j'ai ouvert à une nouvelle collègue et quand je suis arrivée à la porte j'ai vu qu'il y avait aussi Thérèse, j'ouvre avec un grand et souriant "Bonjour Thérèse!" et là, je laisse entrer Roger Gicquel, je ne l'ai pas vue depuis plus d'un mois et elle démarre l'année en mode "un avion s'est écrasé sur mes pompes" : "Arjfff, j'ai perdu mon badge, j'ai perdu mon badge pour entrer; je n'sais pas ..." , le drame apparemment.
Bon ... ben du coup je ne lui ai même pas fait la bise, je me suis dit que ça commençait bien tout ça.

Mais en dehors de cela, j'ai de très bonnes nouvelles : la principale, c'est que j'ai radié Gustavo, pas irradié hein, pas envoyé à Prypiat en séjour linguistique, juste radié de mon registre d'élèves parce que sa mère, Cruella Denfer, a réussi a obtenir une dérogation pour aller faire chier d'autres gens ailleurs dans une autre école. ALLEZ, SAMBA! "Ta la lala la la la lala ta la la la la la la lala ta la la la la la la lala ta la la la la la la lala..."

Un autre petit sociopathe de CE1 est parti aussi mais bon, parmi ceux qu'on connaît déjà, on se garde quand même pour leur CM2, Miguel et Anton qui sont, comme chacun le sait, bien moins rigolos que Ramon et Pedro!

Ah et seconde bonne nouvelle en forme de teaser : j'ai appris que le maître G, Glouglou, l'homme grenouille, le requin marteau, l'homme qui se reluque le nombril d'un œil tout en traquant les toiles d'araignées de l'autre, le mec le plus inutile au boulot que je connaisse à l'heure actuelle, s'en va à la fin de l'année! YESSSSS! Part-il à la retraite, va-t-il faire le tour du monde à cloche pied en mocassins à glands? Peu me chaut du moment qu'il n'envisage pas de devenir enseignant dans mon école. Allez, on y retourne : samba générale!
 

 

Lire la suite

PUER PEUT TUER

Publié le 24 Juin 2017 par KRo

Il y a des personnes qu'on devrait étiqueter comme les paquets de cigarettes, mais en gros caractères hein de façon à ce qu'on n'ait pas besoin de s'approcher pour lire.

Mme Lagerbe par exemple.

Hier, elle sonne au portail pour une inscription. Comme je n'avais pas de rendez-vous prévu, je m'y rends pour expliquer qu'il faut d'abord passer en mairie. Déjà visuellement, j'aurais dû me douter qu'il y avait danger : un pull jacquard manche longues et ras de coup par 36 degrés c'est louche, cheveux longs dégueulasses qui faisaient des sortes de mèches indépendantes et séparées à la base du crâne (genre coupe de Smeagol qui se transforme en Gollum ) et des dents de junkies, bien jaunes, rongées et séparées les unes des autres par quelque chose de noir. Mais surtout, dès l'ouverture du portail, j'ai senti son odeur pestilentielle! Alors pourquoi, pourquoi l'ai-je invitée à entrer dans mon bureau pour que je lui fixe un rendez-vous pour l'inscription? La force des habitudes sans doute. Sur le coup, je suis quand même passée devant en me disant que j'allais devoir éviter de respirer pendant quelques minutes, mais peut-être là encore, si j'étais restée derrière, la sensation de suivre un camion poubelle en plein été m'aurait évité de la faire entrer dans mon bureau. Ben oui, parce que je ne suis pas Jacques Maillol et que mon bureau est exigu, donc même si elle n'a pas passé plus de 4 minutes dans mon bureau et, dieu merci, elle ne s'est pas assise (sinon j'aurais dû brûler la chaise ensuite vu que son revêtement est en tissu), j'ai senti que tout le contenu de mon estomac cherchait désespérément à remonter. 

UNE ODEUR mais jamais de ma vie je n'avais senti un être humain qui puait autant, et pourtant rappelez-vous je me suis déjà retrouvée coincée en réunion à côté d'un gars qui sentait la vieille pisse, c'était en juin 2014 (cf article "Si tu veux monter au cocotier"). Là, franchement elle avait dépassé le stade de la vieille pisse, y'en avait c'est sûr mais y'avait aussi tout un tas d'autres odeurs qui me laissent à penser que la dame vit dans une poubelle d'ordures ménagères avec du jambon blanc qui a dépassé la date limite de consommation depuis plusieurs jours, des peaux de melon, des couches pleines de merde et du vomi de Gognol et que, bien entendu, sa benne est exposée plein sud. Au secours! Laissez-moi sortir!

Bref, je l'ai reconduite vers la porte d'entrée et je l'ai laissée aller jusqu'au portail, je n'en pouvais plus. Ensuite, j'ai essayé de raconter ma mésaventure à madame Dupuy mais j'ai été prise de hauts-le-cœur qui m'ont empêchée de parler. Ça m'a duré facilement 5 bonnes minutes, il a fallu que j'aille prendre l'air, madame Cédepé, qui passait par là, s'est même inquiétée en voyant ma tête, j'avais dû brutalement virer au livide.

Mais comment vais-je faire quand cette dame va revenir pour son rendez-vous d'inscription? Comme je n'ai pas de menthe qui pousse à proximité, impossible de m'improviser un masque à gaz berbère, comme pour visiter une tannerie à Marrakech. Il faut que je trouve une solution d'ici jeudi, me coller un Tictac dans chaque narine peut-être? ou trouver un prétexte pour faire l'inscription à l'extérieur, dans la cour par exemple? C'est un vrai problème, rien que d'y penser j'ai l'estomac qui me supplie.

Lire la suite

Afficher plus d'articles

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 > >>